Quelques expériences, retex, histoires…

Volet 3 : Infractions à Caractère Sexuel

Le rôle amplificateur des Réseaux sociaux.

Quelle charte numérique pour les clubs, et les jeunes adhérents ?

 Dans la continuité de notre synthèse de la conférence de Colosse aux pieds d’argile, nous abordons ici, la caisse de résonnance offerte par les réseaux sociaux aux dérives sexuelles sur mineurs, en particulier dans le sport, point traité par la société Log.In.  Ainsi, il n’est pas rare de retrouver sur les réseaux sociaux de nombreuses photos prises volontairement ou à l’insu des sportifs qui peuvent nuire à leur réputation ou à leur carrière… et causer de nombreux traumatismes.

Quelles bonnes conduites pour sportifs et clubs sur les RS ?

Ces dérives peuvent exister dans le cadre d’une association ou d’un club sportif. La mission de Log.in consiste à préparer les éducateurs sportifs à l’ensemble des risques liés aux réseaux sociaux et à la propagation quasi instantanée et mondiale de toute photo ou vidéo partagée.

Parmi les recommandations de Log.in :

  • Fixer le cadre numérique avec les jeunes : qui publie quoi, comment et avec quelle autorisation des copains ?
  • Comment créer et animer des groupes de discussions sains dans un club ?
  • Quelle stratégie digitale pour le club et ses équipes ?
  • Sensibiliser les jeunes à l’impact de leurs publications sur la réputation du club, donc sur celles des potentiels sponsors… et donc la vie du club !
  • Faire comprendre que le droit à l’oubli n’existe pas… et le démontrer !

Comment communiquer au sein d’un club en cas de suspicion ou de révélation d’ICS ?

Les équipes des clubs ne sont pas prêtes à faire face à de tels séismes humains : si l’accompagnement des jeunes victimes est du ressort de l’équipe de Colosse aux pieds d’argile, l’équipe de Com2Crise peut vous accompagner dans la prise de décision en situation d’urgence, la communication vers les adhérents, jeunes et adultes, vers les entraineurs et coachs, vers les Fédérations, ou les sponsors. Quoi dire, comment le dire pour concilier : présomption d’innocence, accompagnement de la jeune victime, et de son équipe, relation avec les parents, confiance des sponsors, etc. ?

Une vraie mobilisation de tous au sein des clubs, ligues et fédération permettra de réduire les atteintes et agressions et de redonner au sport ses vraies valeurs… et aux jeunes, leur vie !

Contacts: https://colosseauxpiedsdargile.org/  ou https://www.login-prevention.fr/

 Julien Heusser

Volet 1 : repérer les Infractions à Caractère Sexuel et sensibiliser jeunes et encadrants

Volet 2 : Faire face à l’impensable et pourtant le voir pour signaler et protéger les jeunes victimes et leurs encadrants

 Volet 2 : Faire face à l’impensable

le voir pour signaler et protéger les jeunes victimes et leurs encadrants

 Repérer les comportements anormaux

Ainsi, de nombreux comportements ont été vus et étudiés chez les victimes d’atteintes sexuelles et de violences. Reconnaitre ces signaux d’alerte permettra de mieux protéger l’enfant victime de dérives et de mieux l’accompagner. Ces comportements indicateurs d’un mal-être intérieur et personnel sont différents selon l’âge des victimes.

Ainsi, une victime de la petite enfance montrera et communiquera ces violences à travers des dessins, des jeux, des cauchemars, des peurs intenses, des changements d’habitudes alimentaires…

Alors qu’un enfant en primaire montrera ses traumatismes à travers des phobies scolaires, des migraines, de l’agressivité, du voyeurisme….

Plus tard, l’adolescent victime pourra développer hypersexualité, sous-estimation de sa personne, ou faire des fugues et mentir, envisager des idées suicidaires….

Le point commun de ces jeunes victimes est la peur de parler et d’expliquer clairement les actes subits. Cerner et déchiffrer ses messages est important en tant qu’encadrant ou coach sportif au contact de mineurs. Identifier les jeunes victimes de dérives sexuelles et violences représente déjà un premier pas vers la prise de conscience et de parole des victimes.

Et comment les signaler ? Modalités et interlocuteurs

Identifier une victime de dérives sexuelles et de violences est un premier pas mais seul le signalement des actes subis par les victimes permettra une avancée majeure et sa protection.

Vous pouvez signaler un comportement dont vous êtes témoin ou victime sur le site de Colosse aux pieds d’Argile https://colosse.signalement.net/ en toute confidentialité.

 Afin que les victimes puissent parler et être accompagnées

Ainsi, le signalement de comportements déviants d’un adulte vis-à-vis d’un jeune permet au à la victime de se libérer et l’identification du potentiel coupable. Cependant, il est essentiel que la victime soit accompagnée dans sa démarche pour mieux se libérer. L’association Colosse aux pieds d’argile vient en aide aux victimes de dérives sexuelles et de toutes formes de violences et de bizutage subit par une personne. En accompagnant ses victimes, l’association permet un encadrement des victimes dans leur quête d’un retour à une vie normale.

 Comment communiquer au sein d’un club en cas de suspicion ou de révélation d’ICS ?

Les équipes des clubs ne sont pas prêtes à faire face à de tels séismes humains : si l’accompagnement des jeunes victimes est du ressort de Colosse au pied d’argile, l’équipe de Com2Crise peut vous accompagner dans la prise de décision en situation d’urgence, la communication vers les adhérents, jeunes et adultes, vers les entraineurs et coachs, vers les Fédérations, ou les sponsors. Quoi dire, comment le dire pour concilier : présomption d’innocence, accompagnement de la jeune victime, et de son équipe, relation avec les parents, confiance des sponsors, etc. ?

Une vraie mobilisation de tous au sein des clubs, ligues et fédération permettra de réduire les atteintes et agressions et de redonner au sport ses vraies valeurs… et aux jeunes, leur vie !

Contacter : https://colosseauxpiedsdargile.org/

 Julien Heusser

Volet 1 : repérer les Infractions à Caractère Sexuel et sensibiliser jeunes et encadrants

Volet 3 : Infractions à Caractère Sexuel : Le rôle amplificateur des Réseaux sociaux. Quelle charte numérique pour les clubs, et les jeunes adhérents ?

Lorsque des grands champions comme Sarah Abitbol ou Sébastien Boueilh révèlent au monde entier du sport les dérives sexuelles et viols dont ils ont été victimes, c’est une omerta qui vacille et une parole enfin autorisée pour de nombreux sportifs, jeunes ou adultes. Cette parole enfin libérée révèle l’ampleur des violences subies par certains mineurs au sein de leurs clubs et de leurs répercussions sur leurs vies d’adultes.

L’équipe de Com2crise a suivi (le 15.06.2021) la conférence organisée par Colosse aux pieds d’argile et Login sur la sensibilisation nécessaire des encadrants et bénévoles des clubs à ses sujets délicats et douloureux.

  • Comment sensibiliser les encadrants et bénévoles à la juste posture avec les mineurs ?
  • Quelle charte numérique pour les clubs ?

Autant de sujets dont doivent s’emparer les clubs, et que nous partageons sur ces pages.

Volet 1 :

Qualifier les Infractions à Caractère Sexuel et sensibiliser jeunes et encadrants

Afin de mieux prévoir et réagir à de potentiels actes sexuels et violences, il est essentiel de sensibiliser le plus grand nombre possible d’éducateurs, de formateurs, d’entraineurs, de personnes en contact avec des mineurs aux justes gestes et postures. Il est aussi important de sensibiliser les enfants eux-mêmes, quel que soit leur âge.  Le but est double : éviter les dérives mais également les accusations à tort.

Les Infractions à caractères sexuelles : distinguer atteintes et agressions

Commençons par définir les infractions à caractère sexuel (ICS) afin de mieux cerner les comportements répréhensibles légalement et inqualifiables humainement.

Ainsi, parmi les infractions à caractère sexuel sont identifiés : voyeurisme, exhibition, diffusion d’images sexuelles, harcèlement, proposition sexuelle, corruption, jusqu’à l’atteinte, l’agression ou le viol. Ces infractions qualifiées de délits ou crimes ont des conséquences durables et douloureuses pour les victimes.

Dans la continuité de l’identification des infractions à caractère sexuelles, précisons la différence entre une atteinte et une agression sexuelle.

  • Une atteinte sexuelle est tout acte sexuel entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, ou une personne majeure ayant ascendant ou autorité sur un mineur de plus de 15 ans ; et ce même si dans certains cas, le mineur indique être consentant.
  • Une agression sexuelle est qualifiée par tout acte sexuel subit avec violence, ou menace ou surprise ou contrainte. Les sanctions requises varient en fonction de la qualification de l’ICS.

Quelques chiffres glaçants :

  • 1 viol toutes les heures en France en 2017
  • 19700 victimes identifiées d’ICS en 2016 en France
  • Seulement 7% des viols sont dénoncés

Comment sensibiliser les jeunes et les encadrants ?

La sensibilisation des enfants commence par la reconnaissance de leurs zones intimes, et l’explication de leurs « droits » d’enfants : la douche c’est seul, ou c’est chez toi ; la photo avec un adulte c’est seulement si tes parents sont d’accord, les soins en cas de blessure sur le terrain, c’est par plusieurs personnes et pas une seule… et non tu ne fais pas la bises à ton coach, tu lui fais un check ! Et les sms de ton coach, ce sont tes parents qui les reçoivent, etc !

La sensibilisation des encadrants se fait sur deux axes : quels gestes et postures à avoir avec les jeunes (douche, soins, salutation, sms…) et comment repérer le mal être chez le jeune : le manque de motivation, le silence, l’hypersexualisation ou tout changement relationnel au sein de l’équipe.

Comment communiquer au sein d’un club en cas de suspicion ou de révélation d’ICS ?

Les équipes des clubs ne sont pas prêtes à faire face à de tels séismes humains : si l’accompagnement des jeunes victimes est du ressort de Colosse aux pieds d’argile, l’équipe de Com2Crise peut vous accompagner dans la prise de décision en situation d’urgence, la communication vers les adhérents, jeunes et adultes, vers les entraineurs et coachs, vers les Fédérations, ou les sponsors. Quoi dire, comment le dire pour concilier : présomption d’innocence, accompagnement de la jeune victime, et de son équipe, relation avec les parents, confiance des sponsors, etc. ?

Une vraie mobilisation de tous au sein des clubs, ligues et fédérations permettra de réduire les atteintes et agressions et de redonner au sport ses vraies valeurs… et aux jeunes, leur vie !

Contacter : https://colosseauxpiedsdargile.org/

Julien Heusser

 

Volet 2 : Faire face à l’impensable et pourtant le voir pour signaler et protéger les jeunes victimes et leurs encadrants

Volet 3 : Infractions à Caractère Sexuel : Le rôle amplificateur des Réseaux sociaux. Quelle charte numérique pour les clubs, et les jeunes adhérents ?

Préparez au mieux vos équipes grâce à Com2crise

La crise récente liée à la Covid-19 nous a montré que même les plus grandes entreprises et que les pouvoirs publics n’étaient pas prêts à gérer et à communiquer efficacement en situation d’urgence. Or il est certain qu’une communication efficace est essentielle dans la volonté de garantir de la clarté et de l’efficacité en interne mais aussi en externe.

Garantir une meilleure communication

 Afin de mieux prévoir ces risques et crises possibles, Com2crise vous prépare de la meilleure des manières à communiquer en situation de crise. En garantissant à vos équipes une formation riche en information et en savoir, vous vous assurez de limiter les risques qui peuvent plus ou moins impacter votre entreprise et sa réputation.

Des formations proches de la “vraie vie”

De plus, les formations Com2crise offrent de nombreux avec mise en pratique des savoirs et confrontations à des cas réels ou hypothétiques. Ainsi, avec ces exercices réalistes vos équipes seront préparées à communiquer justement et à mieux gérer leur stress.

Une équipe qui se complète et à l’écoute

Com2crise est un duo composé d’Olivier Doussot, ancien journaliste, et Muriel Jouas, ancienne directrice en communication, qui dispose d’un regard large et complet sur la communication de crise. Lui : expertise journalistique, évaluation médiatique de la situation des participants ; Elle : coach en développement personnel et médiatrice propose une analyse comportementale des dirigeants et managers en situation de crise. L’équipe Com2crise s’engage aussi à répondre au mieux aux attentes des participants et à répondre à l’ensemble de leurs interrogations avec souplesse et parfois humour.

En conclusion, n’hésitez pas à nous contacter et à nous faire part de vos projets de formation.

Pour toutes informations complémentaires, nous saurons être à l’écoute de vos interrogations.

Julien Heusser

Pour la 10ème année consécutive Com2Crise est dans le classement des Cabinets à Forte Notoriété. Et ce malgré la réduction du nombre de lauréats cette année (17 au lieu de 40).

Evidemment nous sommes très fiers ! Mais surtout très heureux de ce partage, de ces défis, de ces moments avec nos clients. Nous sentir utiles lorsqu’ils sont en difficulté, apporter méthodes, prise de recul et parfois …. humour, donne du sens à notre activité.

Alors ce palmarès est un peu le vôtre chers Clients. Je vous le dédie et vous en remercie chaleureusement.

@DécideursMagazine #gestioncrise #comdecrise

Résumons. Un virus s’attaque à une partie de l’espèce humaine. Les plus âgés, (plus de 75 ans) les fragiles, ceux qui souffrent déjà de pathologies… Ceux-là se retrouvent en insuffisance respiratoire et ont une probabilité élevée de décéder dans les semaines à venir s’ils sont touchés par le virus.

Alors dans une réflexion « tout pour la vie », le gouvernement décide de confiner TOUT le pays. Une assignation à résidence pour l’ensemble des français… 100% des français sont enfermés, pour protéger 10%, dont le « reste à vivre » est de 10 ans, 15 ans dans le meilleur des cas. Si vous relisez le papier « Place aux jeunes » vous aurez tous les chiffres et le reste à vivre est en fait bien moindre… mais bon. Je vise large pour ne pas être trop méchante !!!

Punition collective sans cadre légal

100% des français sont assignés à résidence sans aucun cadre légal. Le 16 mars, la décision de confinement de la population n’est encadrée par aucun texte juridique. Il faut attendre le 24 mars, pour que l’état d’urgence sanitaire soit décrété, légalisant alors l’enfermement du 16. Cf: Confinement : le débat interdit 

100% des français sont assignés à résidence avec comme message clé : la peur ! La peur de mourir, la peur de la contagion, la peur… et les médias qui nous montrent à grand renfort d’images terribles les malades obèses sur le ventre, râlant avec un tube dans la bouche !!!

100% des français sont assignés à résidence avec comme moyen : la répression. Les amendes plus dissuasives les unes que les autres, on ne va pas sur les berges de Seine, ou sur les plages, ni dans les parcs et forêts, etc. Et les médias qui nous montrent les vilains gendarmes et policiers qui sévissent !!!

100% des français entendent tout et son contraire : les enfants sont contagieux, pas contagieux ; on peut courir mais pas faire du vélo ou nager en eau libre… Vous connaissez par cœur, d’ailleurs, ça amuse bien la toile.

Punition … à vie ?

Alors maintenant revenons aux 90% des français… les autres.

100% des 90% des français sont assignés à résidence…

Une grande partie en chômage partiel : 11 millions de français !

Une autre partie en « travail à domicile en mode confiné » que par un abus de langage facile on a appelé télétravail. En télétravail : votre mari/femme n’est pas dans la maison (“Cheri(e) on mange quoi à midi ?”), vos enfants non plus (“Mamaaaaan, Papaaaaaa, ils sont où mes crayooooons ?”), vous avez organisé un espace de travail (pas la chambre, ou la cuisine (“Dis moi tu as bientôt fini, il va falloir faire manger les monstres… et moi aussi d’ailleurs j’ai faim !”), vous avez été formé et d’ailleurs vous avez négocié le temps de télétravail avec votre employeur (” Je sais il est 21 heures, mais j’ai été en call tout la journée… et j’en ai pour 5 minutes…”). Et accessoirement en télétravail, le soir… il y a le truc magique, sympa : le pot, le restau, la natation ou la séance de pilates…  la vie, quoi ! Là que néni, après le travail à domicile en mode confiné, il vous reste la télé confinée, la négo en mode confinée sur l’épisode 7 de la Casa de Papel versus la 7eme compagnie !!! Grandeur et décadence.

Pour 90% des français, dont le reste à vivre est de 1 à 86 ans, quelle est la perspective ? Licenciements, chomage, perte de chance, perte d’entreprise, faillite, détresse, suicide, plus d’impôts (il va bien falloir rembourser), plus de travail en mode dégradé… la liste est longue. Et le vrai bilan ne sera pas que économique. Il sera en terme de capital humain. Il sera lourd. Très lourd.

Il nous en falloir de la force pour vivre notre résilience. Car on la vivra ! Et je propose plus loin quelques pistes. Car loin de moi ce pessimisme ambiant !!!

Alors le problème, c’est que nos gouvernants ont commencé à comprendre (enfin, je le souhaite !!!) l’ampleur du désastre économique. Et que celui-ci est sans commune mesure avec le désastre sanitaire. Cependant, victime des décisions imbéciles prises à l’arrache le 16 mars, il ne peut que continuer à utiliser le mot peur avec l’arme coercition. C’est le biais d’engagement.

En effet, la situation est un immense dilemme. Soit il relance l’économie, à marche forcée, le 11 mai avec toutes les décisions contradictoires qui vont aller avec : l’école oui, mais pas toutes, pas les grands, mais les petits…etc. Soit il prolonge le confinement dans les zones dites rouges, mais avec le droit de se déplacer pour le travail, mais pas pour des vacances, et accentue le désastre économique en pilonnant la saison estivale. En gros, il est dans le bouillon !!!

Il faudrait quand même se rappeler la phrase « les femmes et les enfants d’abord » !!! A quoi pense-t-on quand un navire coule (si on a des canots !!!)… aux femmes et aux enfants. Non, on ne met pas les vieux en premier !!! C’est cynique. Mais c’est comme ça. Et là, nos gouvernants, ont juste rempli les canots avec les vieux… et laissés les jeunes, les femmes, les forces vives… dans le bateau en train de couler. Ils ont même ouvert les hublots et l’eau y rentre à gros bouillon !!!

Freiner pour repartir

Alors oui c’est un paradoxe, mais il va nous falloir freiner, alors que nous sommes à l’arrêt, pour prétendre repartir. Il faut commencer par repérer nos forces vives, leur ôter la peur, les doter d’écope et leur donner l’envie d’écoper(*) tous ensemble… alors qu’ils ont bien écopé ! (Il fallait la trouver celle-là !)

Depuis le 28 avril, et l’annonce d’un déconfinement par zone, par âge, par ici, par là… toutes les entreprises sont sur le pont. Comment faire, avec qui ? Qui reste en “télétravail” ? Qui revient sur le terrain ? Comment relancer la machine ? “Il va falloir mettre la surmultipliée…”

Nooooon. Pas la surmultipliée ! Stop. Posons-nous. Où en sont nos équipes ? Comment recréer le lien, la confiance, et se donner un projet collectif. Il va falloir lutter contre le message peur distillé depuis 2 mois par le gouvernement et éviter de faire comme lui en mode coercition ou contrainte. Alors Dirigeants, cadres, managers, prenez le temps de retrouver vos équipes. Purgez le grabuge fait par ces 2 mois de venin médiatique. Il y aura 3 temps à la reconstruction.

Temps 1 : la prescription, les recommandations, les exigences. Repérons l’ensemble des attitudes et comportements attendus. On en a assez entendu parler depuis 2 mois. On les connait tous… les gestes « barrières ». Si vous trouvez le geste barrière à la bêtise, soyez chic, partagez !!!

Temps 2 : l’adaptation. Transformez les contraintes en nouveaux codes et usages sociaux. On ne peut pas faire respecter les gestes barrières aux jeunes enfants ? Regardez les enfants chinois qui portent des chapeaux de 1 m d’envergure !!! Ils ont fabriqué leurs chapeaux rigolos et en font la compétition !

Pour nous adultes, aussi de nouveaux usages à mettre en place : pas de bises, pas de poignées de main… soyons créatifs et ludiques ! Cela ne veut pas dire s’ignorer !

Chacun dans sa structure peut faire travailler ses équipes et faire émerger l’intelligence collective pour adapter à la vraie vie les attentes sanitaires. Travaillons ensemble. Evitons les communications descendantes « c’est comme ça à partir de lundi 11 mai ». On voit bien que cela ne marche pas ! Cf la lettre des 300 Maires envoyé à Emmanuel Macron, le 3 mai.

Temps 3 : L’ajustement. Juin, juillet, août, septembre… et tous les mois qui suivront, nous serons dans l’ajustement. Nous procéderons à des modifications à la marge, nous ferons évoluer ce qui s’avèrera impossible, devenu inutile, ou contre-productif. Et si nous annonçons maintenant ce temps trois, nous inciterons à l’amélioration continue, et éviterons l’effet « girouette » auquel nous a bien habitué notre gouvernement.

Voilà quelques repères pour préparer le jalon du 11 mai, et non l’échéance du 11 mai. Question de sémantique.

Muriel qui cite Alain

Le pessimisme est d’humeur, quand l’optimisme est de volonté.

(*) Ecoper : Marine : Vider (un bateau) avec l’écope. Fam. Recevoir un coup, une punition.

Ecouter :

Vous avez aimé “place aux jeunes”, vous allez adorer “Corona, c’est parties !”

“La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables”. Charles Nicolle, Destin des maladies infectieuses, 1939.

Vous avez lu « Place aux Jeunes ! », et peut être vous êtes-vous dit « Tout ça, c’est bien gentil ! …mais qu’est-ce qu’il propose ? » ; eh bien justement !

Pour protéger les personnes à risque et le système de santé, la suite logique de « Place aux Jeunes ! », est une solution rationnelle, rapide, efficace, peu coûteuse, voire rentable par rapport à la stratégie qui semble se préparer (tester toute la population, déconfinement progressif…quand il aura lieu, port de masque pour l’ensemble de la population, poursuite de mesures barrières drastiques, surveillance par drones, « tracking » électronique, lois d’exception, etc. et ce pendant des mois, voire jusqu’à la disponibilité d’un vaccin efficace…).

Une solution qui donne enfin toute leur « Place aux Jeunes » !

La vague des premiers infectés est en voie de contrôle et les personnes à risque n’étant plus exposées, il est donc temps désormais d’envisager pour tous les individus disons de moins de 50, voire 60 ans, (personnes vulnérables et professionnels de santé exclus sur la base de recommandations et non d’obligations), un déconfinement total, rapide, sans mesures barrières et accompagné d’une incitation forte à des « Corona parties ».

La population des moins de 50 ans, diminuée des professionnels de santé et des personnes vulnérables, représente environ 40 millions d’individus qui, lorsqu’ils sont infectés par le SARS-CoV-2 font, soit une infection asymptomatique dans l’immense majorité des cas, soit une forme bénigne de la COVID-19 (moins de 30 décès dans cette tranche d’âge en France à ce jour, essentiellement des personnes à risque).

Des « Corona parties » ne seraient ni extraordinaires ni révolutionnaires. Dans les années 50, avant la disponibilité d’un vaccin contre la rubéole (1970), ces « parties » consistaient pour les jeunes femmes non immunisées à se regrouper avec des cas contagieux de rubéole pour s’immuniser.  La rubéole, maladie constamment bégnine chez les enfants et les adultes est en effet la cause du grave syndrome de rubéole congénitale lorsque les femmes non-immunes sont infectées durant leur grossesse. Ces « parties » ne seraient pas forcément judicieuses pour d’autres maladies infectieuses, comme la rougeole par exemple qui est une maladie relativement grave pratiquement à tout âge.

Des « Corona parties », sur la base du volontariat (!), accéléreraient significativement le processus naturel d’immunisation de la population et le renouement actif de liens sociaux distendus.

Le Professeur J.F. Delfraissy, « l’homme de la situation » et du confinement maximal, semble gagner en lucidité ce qu’il perd en cohérence. Il s’est récemment étonné « du plus faible nombre de personnes immunisées que prévu » [sic], estimé à 10 ou 15% actuellement » alors que 60% est la valeur consensus nécessaire pour une immunité de groupe protectrice permettant le déconfinement. Il recommande donc de poursuivre le confinement…imparable !

Qu’on le veuille ou non, à défaut d’un vaccin efficace ou de rester éternellement confiné, chacun d’entre nous attrapera le virus tôt ou tard. Un retour précoce, du jour au lendemain, à une vie sociale et professionnelle normale agrémentée, ou pas, de quelques « Corona parties » pour ceux d’entre nous qui ne sont pas à risque de maladie grave, permettrait en quelques semaines d’atteindre 40 millions d’immunisés pour le SARS-CoV-2. Ils protégeraient ainsi indirectement les non immuns. L’atteinte du seuil de 60%, identifié par des études séro-épidémiologiques conduirait à revoir les recommandations concernant les personnes les plus vulnérables. Cela permettrait enfin et surtout, si l’immunité naturellement acquise est solide, ce qui reste à prouver, et en absence de mutation du virus SARS-CoV-2, de régler le problème de façon pérenne et d’allouer les énormes sommes d’argent actuellement dépensées à d’autres priorités.

 Sources

https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/mrc-gida/2020-03-16-COVID19-Report-9.pdf; https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0140673620307467

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-9-avril-2020

https://www.immunizationinfo.org/issues/exposure-parties/rubella-parties/

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-10-15-de-la-population-le-taux-de-personnes-immunisees-plus-faible-que-prevu-6803025

Epidémie de COVID-19 : « Place aux Jeunes ! »

Certains conflits d’intérêts sont tellement évidents qu’ils sont parfois difficiles à voir

Combien de morts ? La litanie quotidienne du nombre de décès attribué à la COVID-19 rend mal compte que la maladie est en fait responsable de 10% du nombre des décès qui surviennent habituellement chez les personnes de plus de 65 ans.

  • La France compte 67 millions d’habitants dont 14 millions sont âgés de plus de 65 ans. Chaque année, environ 600 000 personnes décèdent dont 500 000 sont âgées de plus de 65 ans, soit 40 000 en moyenne chaque mois. Depuis début mars 2020, la COVID-19 a entrainé environ 15 000 décès (personnes décédées à domicile exclues) dont plus de 90% sont survenus chez des personnes de plus de 65 ans. Une mortalité de 4 500 décès en moyenne par mois représente ainsi environ 10% des décès attendus dans cette population. Dans le même temps, tout âge confondu, 6 000 décès en moyenne sont attribuables à la seule pollution de l’air, 6 000 au tabac et 3 400 à l’alcool.
  • En imaginant que la mortalité mensuelle de 4 500 décès reste constante et que l’épidémie dure 12 mois, le nombre total de décès attribué à la COVID-19 au bout d’une année serait de l’ordre 50 000 chez les plus de 65 ans, soit environ 2,5 fois moins que les décès par cancer ou par maladies cardiovasculaires. Chez les moins de 65 ans, le nombre de décès serait de l’ordre de 10 000 (10% de la mortalité habituelle), soit le 1/4 des décès par cancers et les 2/3 des décès accidentels. La mortalité chez les moins de 44 ans est pratiquement nulle (< 1/million).
  • Le bilan réel du nombre de décès dû à la COVID-19 ne pourra être établi qu’après la fin de l’épidémie et sur une période de référence. En effet, une fraction importante de la population qui décède actuellement par COVID-19 serait décédée de toutes façons d’une autre cause à court ou moyen terme (cf. plus bas « Qui décède ?). Il s’agit donc de bien distinguer la surmortalité due à la COVID-19, de la mortalité habituelle. En absence de tests systématiques, la mortalité par COVID-19 est de plus difficile à quantifier : elle peut être sous-estimée ou surestimée notamment si une fraction significative des décès de cause inconnue (plus de 50 000 par an chez les plus de 65 ans) est attribuée à tort à la COVID-19.

 

Qui décède ? Des personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie limitée

  • Fin 2015, 728 000 personnes fréquentent un établissement d’hébergement pour personnes âgées ou y vivent, soit 10 % des personnes âgées de 75 ans ou plus et un tiers de celles âgées de 90 ans ou plus. Huit sur dix sont accueillies en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les résidents sont de plus en plus âgés : la moitié a plus de 87 ans et 5 mois, contre 86 ans et 5 mois fin 2011. Les personnes accueillies en 2015 sont plus dépendantes qu’en 2011 : plus de huit sur dix ne sont pas autonomes. Près de 260 000 souffrent d’une maladie neurodégénérative.
  • La durée médiane des séjours se terminant par un décès est 2,6 années lorsque le résident était au domicile avant d’entrer en EHPAD et de 1,1 an lorsqu’il était en unité de court séjour.
  • Parmi les personnes de plus de 65 ans qui décèdent de la COVID-19, 80% ont plus de 75 ans.
  • La COVID-19, « un suicide collectif », déclarait le Pr J.F. Delfraissy, 71 ans, Président du Conseil scientifique COVID-19 auprès du ministère des solidarités et de la santé, sur Europe 1 le 07 avril 2020. Moins d’un décès de personnes âgées ou très âgées pour mille habitants attribués à la COVID-19 sur 12 mois, n’est évidemment par rien, mais cela peut difficilement être considéré comme « un suicide collectif ».

 

Qui gère la crise ? Des politiques, des médecins et des riches, mais surtout des personnes âgées !

Les politiques

  • La moyenne d’âge est de 62 ans pour l’Assemblée nationale et le Sénat.
  • Avec une moyenne d’âge de plus de 60 ans, les sénateurs sont les élus les plus âgés de la République française, et ont douze ans de plus que les députés (48 ans). Cette moyenne d’âge élevée ne diminue pas significativement avec le temps : elle était de 64 ans en 2014, de 66 ans en 2011, de 65 ans en 2008 et de 62 ans en 2004.
  • C’est parmi les élus locaux que l’on retrouve le plus de personnes âgées de plus de 55 ans. D’après Michel Koebel, seuls 4% des maires avaient moins de 40 ans en 2012, tandis qu’ils étaient 42% à avoir plus de 60 ans. Parmi les élus régionaux, 3% avaient moins de 40 ans et 55% plus de 60 ans.
  • L’âge médian des Français est de 40 ans, soit 20 de moins que nos parlementaires.

 

Les médecins

  • L’âge moyen des médecins inscrits à l’ordre est de 57,1 ans.
  • Près d’un médecin sur trois a plus de 60 ans, 47 % des médecins ont 55 ans ou plus (alors que c’est le cas de 18 % des cadres et professions intellectuelles supérieures) et 30 % ont 60 ans ou plus.
  • La limité d’âge des médecins qui accomplissent des vacations dans des établissements publics de santé ou dans des établissements sociaux et médico-sociaux dans le cadre d’un cumul emploi-retraite a été portée à 72 ans jusqu’en 2022. (Atlas démographie médicale en France 2018)
  • Il n’est guère étonnant que les membres de l’Académie Nationale de Médecine, dont l’âge moyen est probablement assez proche de celui d’entrée en EHPAD, soient les plus vindicatifs à vouloir imposer à l’ensemble de la population des mesures coercitives draconiennes.

 

Les riches

La tranche d’âge la plus aisée est celle des 60-69 ans : son revenu mensuel moyen par personne, de 2 276 euros est de 34 % supérieur à celui de la génération des 20-29 ans (1 702 euros par mois en moyenne), selon les données 2013 de l’Insee. L’écart est également significatif (+ 21 %) avec la tranche d’âge des 30-39 ans (1 886 euros). Phénomène nouveau : la baisse du niveau de vie avec l’âge ne se produit plus en moyenne à 60-69 ans, mais à 70-79 ans.

 

Quels coûts sociétaux et économiques de la stratégie de confinement actuelle ?

  • Le 9 avril 2020, les prévisions étaient une perte de 60 milliards d’euros par mois de confinement, une chute de 18 % de la consommation des ménages, un chômage partiel qui pourrait concerner 5,7 millions de salariés.
  • Comme attendu, les conséquences sociétales indirectes lié au confinement de longue durée sont majeures pour ceux qui ne sont pas encore en EHPAD et notamment pour les moins de 65 ans (pertes d’emploi, faillites, suicides, absence de suivi médical correct, stress, divorces, violences familiales, aggravation des inégalités sociales, recrudescence de troubles psychiatriques, etc.) ; il semble par exemple qu’il y ait une réduction de 50% des consultations pour accidents vasculaires cérébrales et infarctus du myocarde, de dépistage de cancers, etc… Cela signifie une prise en charge absente ou retardée de ces malades qui augmente leur risque de décès et de séquelles. Ainsi, la possibilité d’une surmortalité significative chez les moins de 65 ans, sans facteur de risque, due à d’autres causes que la COVID-19 ne peut être exclue.

 

Quelle stratégie pour quels objectifs ?

Au total, la stratégie actuelle du confinement maximal, liberticide et prétexte à l’instauration de pas supplémentaires vers l’autoritarisme entraîne un quasi-arrêt du fonctionnement de la société. La logique d’une stratégie visant à prendre en charge les personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie brève au détriment de la population jeune chez laquelle l’infection par le SARS-CoV-2 est soit inapparente soit peu symptomatique est difficile à comprendre, possiblement contre-productive et d’une éthique discutable.

Pourquoi ne pas demander aux personnes malades de rester chez elles ? Ce que chacun d’entre nous faisons habituellement sans qu’on nous le demande. Pourquoi ne pas recommander aux seules personnes âgées et à celles qui ont un facteur de risque de forme sévère de COVID-19 de rester chez elles ? On le demande régulièrement aux enfants et aux sportifs lors des pics de pollution au lieu de gérer la pollution atmosphérique qui est pourtant responsable d’un nombre bien supérieur de décès.

 

Un suicide collectif sociétal, oui, un suicide collectif sanitaire, non

La crise actuelle, initialement sanitaire et d’ampleur modérée est devenue sociétale et majeure, par la grâce d’une gérontocratie, qui en représentant non pas les plus sages d’entre nous mais les plus nombreux et les plus favorisés, cherche naturellement et avant tout à se protéger elle-même.

 

Conclusion : Place aux Jeunes !

 

Sources

https://www.santepubliquefrance.fr/;

https://insee.fr/fr/accueil

https://academic.oup.com/cardiovascres/advance-article/doi/10.1093/cvr/cvaa025/5770885  https://academic.oup.com/eurheartj/article/40/20/1590/5372326

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/etudes-et-resultats/article/728-000-residents-en-etablissements-d-hebergement-pour-personnes-agees-en-2015

https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-niveau-de-vie-selon-l-age?id_theme=21

https://www.la-croix.com/Economie/France/Limpact-economique-Covid-19-trois-chiffres-2020-03-30-1201086985

Ce texte de Régis Debray est publié dans la collection “Tracts” de Gallimard, qui fait paraître chaque jour des textes brefs et inédits, pour “trouver les mots justes” en temps de crise. Et ces mots sont si justes… 

Me faisant part de l’angoisse montante de ses patients, notamment les plus âgés, un ami médecin me dit : « L’inflation de la communication, c’est peut-être un progrès, mais cela perturbe les certitudes. » On ne peut mieux résumer l’impression que donne ce tourbillon de propos plus ou moins autorisés qui fait perdre la tête, et le sens des choses. C’est l’inconvénient du numérique, et sans doute un progrès de la démocratie que chacun puisse donner son opinion sur tout, et de préférence sur ce qu’il ne connaît pas. La parole prolifère en même temps que le virus. Elle ne touche que l’esprit, c’est beaucoup moins grave. Avec un bémol : la sournoise montée d’un certain nihilisme, dont je ne suis pas sûr, comme l’ami Finkielkraut, qu’il soit vaincu. Tout peut se dire, et son contraire, sans que rien ne différencie le fondé de l’infondé. Donc tout se vaut et rien ne vaut. Qui croire ? À qui s’en remettre ? Où est la parole d’autorité ?

AUTORITÉ ET BRIÈVETÉ SONT SYNONYMES

Pas vraiment chez les autorités politiques. Ne tirons pas sur le pianiste, il faut bien improviser face à l’imprévisible. Mais les crises générales sont impudiques : elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit. Soit un croissant décalage entre le dire et le faire, source de défiance et de suspicion. Nous sommes en guerre, nous dit-on, mais on cherche le général en chef, celui qui dit beaucoup en très peu de mots. Veni vidi vici. Sans remonter à César, souvenons-nous du Général, qui en quelques phrases, moins de trois minutes, pulvérise un coup d’État en Algérie, et plus tard, le psychodrame chaotique d’un long mois de Mai. Une phrase, un acte. Pas un mot de trop, et chaque mot à sa place. Comme la reine d’Angleterre, quatre minutes. Imperatoria brevitas. Autorité et brièveté sont synonymes. Un historien mettra demain en regard la dilution de la puissance publique, sur un demi-siècle, et le délayage des allocutions officielles. Moins ça peut, plus ça cause.

Les crises générales sont impudiques : elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit

Interrogé avant de mourir sur ce qu’il considérait comme « la caractéristique de notre temps », Malraux répondit sèchement : « L’absence de décision ». D’où sortent la demi-mesure militaire et le compromis parlementaire : un demi-soldat dans un demi-char et un allez voter et restez chez vous. On sait comment l’État en France, quand il a choisi de se suicider pour, dit-il, se moderniser, a inventé toutes sortes d’organes de défausse au titre plus ou moins pompeux – Comités, Hauts-conseils, Observatoires, Forums, Conventions, etc. – et dix autres « autorités administratives indépendantes ». Ces inlassables fournisseurs de rapports pour rien ont pour la plupart l’utilité du figurant sur scène, quand l’acteur n’y est plus. L’ancien État-nation en panne de volonté et de substance a cru bon d’ajouter à la panoplie de ses abdications cette machine à ne pas prendre de décision qu’on appelle – un oxymore ? – l’Union européenne. Bulle à blabla et tiroir-caisse. La valise bruxelloise à double fond engage à sortir de l’histoire par la petite porte, non d’y rentrer par la grande. Les occasions d’essayer n’ont pourtant pas manqué. Celle-ci aurait pu, mais ne sera pas l’une d’elles.

LES CONSULTANTS ET EXPERTS

Remarquée a été la présence ostentatoire, sur les plateaux, à côté de nos gouvernants, de consultants et d’experts. Ils se font escorter par un, ou même deux Conseils scientifiques, créés pour l’occasion, au nom desquels ils se prononcent. C’est pas nous, c’est Monsieur le professeur. Certains ont vu là une atteinte aux prérogatives de l’Exécutif. Je n’en suis pas si sûr. Le Pouvoir exécutif n’apparaît jamais seul en scène. Il a derrière lui, ou plutôt au-dessus, une transcendance en pointillé. Elle a changé de nature depuis Saint-Paul qui disait, en bon connaisseur de l’autorité : « Omnis potestas a Deo »Tout pouvoir procède d’un grand Autre. Chaque époque le sien.

L’art meurtrier du blabla est aussi celui de ne pas répondre aux questions, mais très abondamment

Le Chef l’est par délégation d’un surplomb, projection d’une verticale ici-bas. Le véritable commandant ne parle pas en son nom propre, car c’est toujours et partout un lieutenant – de Dieu, du Prolétariat, de la République ou de la France. Cette sujétion à plus grand que soi fait sa force. Saint-Louis, Lénine, Clémenceau ou De Gaulle étaient d’autant plus écoutés qu’ils servaient de truchement à une valeur suprême. Quand on ne peut incarner cette transcendance – parce que l’ordinaire des temps ne s’y prête pas – force est de la mettre au dehors, à côté de soi, puisqu’elle n’est plus en dedans. En l’occurrence, la Science, arbitre suprême et sans réplique. Le problème est que la science médicale est par nature sujette à controverses, suppositions et incertitudes, en quoi justement elle est une science. C’est l’inconvénient d’avoir pour alibi une science expérimentale. Contrairement aux absolus d’antan, qui étaient des objets de foi, incontestables à ce titre, elle s’atteste dans et par le relatif. Avec un savoir heureusement et désespérément empirique, le pilier devient béquille. On chancelle.

“FAIRE EN SORTE QUE”

Conséquence : plus de lest dans le discours. La communication, dont vit la classe politique qui s’imagine pouvoir survivre par elle à son discrédit, a tué le politique et ruiné sa crédibilité. L’art meurtrier du blabla est aussi celui de ne pas répondre aux questions, mais très abondamment. Parmi ces « éléments de langage », il en est un qui frappe par son omniprésence : le viral « faire en sorte que » du politicien (en moyenne, trois ou quatre fois par minute). Ce n’est plus un tic mais un aveu. Puisque dire n’est plus faire, et que la parole n’est plus un acte, on annonce ce qu’on devra faire mais plus tard, sans préciser quand ni qui. Plutôt un souhait qu’un engagement. On aimerait bien que. On procrastine sur un coup de menton. Les avantages de la résolution sans les inconvénients. L’affiche sans la chose. C’est la ritournelle magique du désarroi – le stigmate rhétorique d’un temps malheureux qu’on espère bien provisoire, mais il en est tant d’autres qu’éprouvent soignants et malades dans leur chair, qu’on a presque honte de devoir évoquer celui-là, fut-ce en peu de mots.

Mille excuses.

« J’ai perdu ma grand-mère mercredi du Covid19, et dans un epadh » me dit ma gentille voisine du 7 de la rue. « Zut. Désolée pour toi… Comment tu vas ? » « Le plus triste c’est de savoir qu’elle est partie seule… qu’on ne pourra pas lui choisir sa robe et qu’on ne pourra pas lui mettre des fleurs… parce que les fleuristes sont fermés. »

« Les fleuristes, oui. Mais pas nos jardins ! Passe on va trouver des trucs… »

Entre temps je croise le voisin du 9 et je lui dis la triste nouvelle, et qu’on va couper des fleurs dans le jardin pour la mamie de G. en gardant nos distances.

« Si tu veux j’ai du Bolduc violet pour les gerbes… et les papiers cello qui va bien. Je te les pose devant ta porte ce soir. Fais lui une bise distancielle ! »

Alors ce matin, je croise le maraîcher en bas… et je lui demande si je peux entrer sur son terrain pour du lilas pour la mamie de G. qui est enterrée aujourd’hui « Oh, oui bien sûr, prenez tout ce que vous voulez… et venez là, j’ai du lilas de deux couleurs… oh, mais c’est une saloperie ce « conarovirus » !!! » Je ne sais pas s’il l’a fait exprès mais j’ai souri.

Et puis j’ai coupé du lilas rose, du lilas violet. Dans mon jardin, quelques branches de cerisier japonais. Deux feuilles de palmier. G. est montée pour couper des fleurs d’oranger et du forsythias jaune !

On a récupéré le bolduc.

Ils sont jolis les bouquets.

Les fleuristes sont fermés.

Mais pas nos jardins.

Encore moins nos cœurs dans cette rue.