« J’ai perdu ma grand-mère mercredi du Covid19, et dans un epadh » me dit ma gentille voisine du 7 de la rue. « Zut. Désolée pour toi… Comment tu vas ? » « Le plus triste c’est de savoir qu’elle est partie seule… qu’on ne pourra pas lui choisir sa robe et qu’on ne pourra pas lui mettre des fleurs… parce que les fleuristes sont fermés. »

« Les fleuristes, oui. Mais pas nos jardins ! Passe on va trouver des trucs… »

Entre temps je croise le voisin du 9 et je lui dis la triste nouvelle, et qu’on va couper des fleurs dans le jardin pour la mamie de G. en gardant nos distances.

« Si tu veux j’ai du Bolduc violet pour les gerbes… et les papiers cello qui va bien. Je te les pose devant ta porte ce soir. Fais lui une bise distancielle ! »

Alors ce matin, je croise le maraîcher en bas… et je lui demande si je peux entrer sur son terrain pour du lilas pour la mamie de G. qui est enterrée aujourd’hui « Oh, oui bien sûr, prenez tout ce que vous voulez… et venez là, j’ai du lilas de deux couleurs… oh, mais c’est une saloperie ce « conarovirus » !!! » Je ne sais pas s’il l’a fait exprès mais j’ai souri.

Et puis j’ai coupé du lilas rose, du lilas violet. Dans mon jardin, quelques branches de cerisier japonais. Deux feuilles de palmier. G. est montée pour couper des fleurs d’oranger et du forsythias jaune !

On a récupéré le bolduc.

Ils sont jolis les bouquets.

Les fleuristes sont fermés.

Mais pas nos jardins.

Encore moins nos cœurs dans cette rue.

Depuis des mois, ils notent dans des carnets : heure de sortie, durée, nature (fartleck, fractionné, sortie longue…) , D+, D-, Météo… avec le souci du détail…

Depuis des mois, ils enregistrent les sensations, les doutes « me sens bien », ou « sortie pourrie » « suis largué, à la rue… » et toutes les variantes !!!  « Vais pas y arriver… »

Depuis des mois, ils se lèvent tôt le dimanche, au grand dam des grasse mat’ sensuelles !

Depuis des mois, certains extrémistes font suer leur moitié et la tribu familiale sur le thème « ah non ce soir pas de viande… J’aimerais bien manger des pâtes plutôt, demain j’ai sortie longue… »

Depuis des mois, ils rentraient le dimanche midi en grognant : « Purée, j’avais pas de jambes, c’est dingue !!! »

Depuis des mois, ils tentaient d’intéresser leur moitié et racontaient cet entrainement pourri du matin. Et la moitié se disait « quand je pense qu’on a mangé 5 fois des pâtes cette semaine !!! »

Depuis des mois… ils avaient ce 5 avril dans la tête. Partout dans le monde, ils avaient ce 5 avril dans la tête.

Certains avaient mis des sous de côté depuis longtemps, d’autres misaient sur ce marathon pour franchir 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans ou 70 ans comme Philippe que j’ai accompagné il y a quelques années. Certains misaient sur ce marathon juste pour se dépasser…

Tous ces marathoniens qui rêvaient de Paris, du Marathon de Paris.  Cette mythique course : le Marathon, dans la plus belle ville du monde.

Ce soir, 50 000 hommes et femmes sont frustrés.

Et tous ces hommes et ces femmes ont passé le marathon… chez eux.

Et en restant chez eux, ils participent à l’effort collectif. Ils ne luttent pas contre eux, contre la montre, mais contre un ennemi bien plus pervers : invisible il est partout, invisible il nous talonne, invisible il est plus fort que nous… soyons humbles, soyons forts en restant chez nous.

Alors ce soir, à ces 50 000 héros, j’adresse le texte écrit après un de mes 13 « Paris ».

MARATHONIEN

 

  • Coureurs en grappes ou en hordes
  • Ces mondes roulent la Concorde
  • La file est indienne à la Bastille
  • Passent les hommes et les filles

 

  • La houle du bois de Vincennes
  • La foule sur les bords de Seine
  • Plus d’hommes, plus de femmes
  • Des corps et des bleus à l’âme

 

  • Des bleus aux corps en route
  • Au corps à corps avec le doute
  • Ce ne sont plus des femmes à Boulogne
  • Mais des coeurs qui bastonnent

 

  • Ce ne sont plus des hommes dans ce bois
  • Qui progressent pas à pas
  • De ce balancement docile et mesuré
  • Pour certains malhabile et apeuré

 

  • Ce ne sont plus ni hommes ni femmes
  • Ils n’ont plus d’états d’âme
  • Ils n’ont plus qu’une certitude
  • Ne veulent plus que la solitude

 

  • De cette 42è ligne
  • Un seul aura de l’or digne
  • Mais tous ont un trésor
  • Car tous sont errants

 

  • Et 42195 mêtres plus loin gagnants

 

  • Chaque homme à son heure
  • Devient son propre vainqueur
  • Homme sans podium
  • Bonheur de ce pensum

 

  • Ton nom est dans l’histoire
  • Bien plus loin que la gloire
  • Ce bonheur t’appartient
  • D’être à jamais marathonien

 

  • Anonyme.

 

Je suis fascinée par la créativité de certains et ce soir c’est juste du rire que je partage avec vous avec cette compilation de ces 9 premiers jours ! Et je suis sûre qu’il m’en manque ! #Happyconfin’

#Sauvonsdesvies #Stayathome

 

 

 

C’est la place des virgules qui est importante !!!

Dans l’arrêté municipal de Carrières sur Seine, publié ce mardi 24 mars, nous lisons :

“Sont interdits :

  • jogging, vélo à plusieurs, y compris en couple” .

Donc à compter de ce jour le jogging est interdit… Mais c’est sans doute une bête histoire de virgule manquante ou mal placée. Sans doute fallait-il lire (ou écrire) que les “jogging et vélo, (virgule ici !) à plusieurs et en couple” étaient interdits.

Car plus bas, que tous les néo-joggeurs se rassurent (et ils sont très nombreux depuis le 17 mars… )

“sont autorisés :

  • le jogging ou marche rapide seul (ouf, j’ai cru que c’était fini de ma nouvelle addiction aux endorphines !!!)
  • la sortie à pied rapide (1 adulte + 1 enfant mineur, poussette si bébé)
  • la sortie à pied rapide seul avec animal de compagnie”

Donc avec la poussette et le toutou pensez bien à marcher fissa !!! Si vous marchez lentement, la prune !!! Si, si relisez bien… il est interdit de sortir mais autorisé de marcher rapidement !!! En fait, le sens est sans doute : sont autorisés jogging ou marche rapide, sortie à pieds courte, sortie à pieds courte seul avec un toutou”

En fait très bon exercice de sémantique pour les enfants… 🤪 Toute la différence entre rapide et courte. On peut être bref sans être rapide, et faire court en prenant son temps !!!

Vous avez … 4 semaines pour étayer votre propos.

Muriel

 

 

Aujourd’hui, travail au taquet en visio, et une bonne séance de sport… donc mon billet, tient en 4 citations…

Si Saint Cyr dit du Management que c’est : “La Capacité à discerner dans la complexité, décider dans l’incertitude,  et agir avec responsabilité”… il pourrait être Responsable Cellule de Crise quelque part dans le Paris 8ème !!! A tout le moins, consultant !!!

Mickael Phelps, le plus grand nageur de tous les temps a dit “Si tu échoues à te préparer… alors prépare toi à échouer…”. Je vais proposer un custom Covid19 ! Si tu échoues à te confiner, tu te prépares à te confiner (définitivement !!!)” Elle est pas mal celle-là !!!

Et une que j’aime beaucoup de Yves Clot : “L’urgence est souvent la compensation d’une longue inaction en préparant le retour à l’inertie”… Il est visionnaire cet homme-là quand on regarde la succession des décisions de nos gouvernants !!!

Forcément, Patrick Lagadec, lui, n’a pas été entendu lorsqu’il a écrit “L’expérience c’est ce qui est acquis après en avoir eu besoin…”. Sans rire, Canicule, Hormone, Sang Contaminé, Vache folle, Amiante… on en a de l’expérience pourtant !!! Alors qu’est ce qui bugue ?

 

 

Ce matin conf’call… 10h00, le rdv a été fixé hier. Pas d’urgence majeure, mais un point de situation entre le Japon, la Catalogne, et deux sites en France. Toutes les entités sont confinées.

On est à l’heure au rendez-vous… et les nouvelles s’échangent. La structure japonaise a fait revenir deux de ses ressortissants qui sont d’habitude en Angleterre, anticipant sans doute la fermeture des frontières.  Il reste malgré tout un ressortissant Japonais au UK, qui du fait de sa fonction n’a pas pu rejoindre la tribu.

Les cas, la situation, le confinement, le rapport au temps, ce que cela changera, car il y aura un avant et un après. On parle des JO… report, ou pas report. 2022 serait la meilleure hypothèse avec une information aux athlètes rapide pour éviter un entrainement inutile, et permettre aux entreprises qui tablent sur les rentrées financières des JO de se retourner… On parle de notre optimisme, de notre relation aussi au travail, à la santé… On parle, on rit… on se donne RDV samedi prochain, 10h00.

On… c’est nous, la famille. Père, mère, frère, sœur et leurs enfants, sauf une qui a du rester en Angleterre. C’est notre première conférence téléphone… tout première. Alors que cela fait des années que nous sommes sur 4 pays… Que nous nous voyons quelques jours par an. Alors oui, en nous obligeant à rester chez nous, ce confinement déclenche l’envie de nous parler et de prendre des nouvelles. Le besoin de s’entendre, peut-être de se rassurer (ça c’est pour Maman !!!LOL), de rire ensemble, de conjurer les barrières, la distance et le temps.

Alors pourquoi ne le faisions nous pas avant ? Manque de temps ? C’est un alibi bidon. 30 minutes c’est rien… Et si nous décidions qu’il y ait un avant… et un après. Et que dans cet « après » il y ait cette place à ce rire, à ce moment, cette complicité… comme le 15 février, quand  on a débarqué de tous les pays pour faire un anniversaire surprise à notre papa !

Rdv samedi 10h00. Pour la Conf2 !

Voilà ce soir point de billet technique… juste un papier d’ambiance de ce J4 de confinement depuis Carrières sur Seine.

 

Face à une situation aussi inédite par sa nature, qu’exceptionnelle par son ampleur, il y a ceux…

  • Qui intiment un “C’est juste une grippe. Fin du débat.”
  • Qui rigolent, font la fête de fin du monde dans les parcs, ou jardins la veille du confinement
  • Qui partagent un thermos de café appuyés sur le capot d’un camion, devant un chantier chez moi, en s’amusant des dernières vannes Coro(sives) 19, ce matin lundi 16 mars
  • Qui traitent de psychotique hystérique ceux qui portent des masques aujourd’hui
  • Ceux qui ne gèrent ni leurs clients, ni leurs prestas au motif “qu’il y a bien eu les élections”
  • Ceux qui se demandent s’ils vont abandonner leur chien ou leur chat qui pourrait transmettre le virus, ou qui (dans le cas du chien) aura besoin de sortir…
  • Ceux qui se sont dépêchés de partir en vacances mercredi… “la cellule de crise va gérer”
  • Ceux qui sont en vacances et se foutent de ceux qui auraient du les rejoindre “nous on s’amuse ici…il y a de la bière ? Et vous ça va ?” Ah, non, ils n’ont pas dit “et vous ça va ?”!!!
  • Ceux qui demandent à tous un effort collectif, mais qui maintiennent des élections (sic la cohérence stratégique !)
  • Ceux qui envoient un message à leurs prestas avec le minimum syndical des mesures barrières : fermeture des locaux et bonne chance à tous !
  • Ceux qui ne disent rien…
  • Ceux qui achètent des tonnes de pâtes et PQ
  • Ceux qui maintiennent jusqu’à la dernière seconde une fête de club sportif malgré les recommandations d’une adhérente  (consultante en prévention des risques et gestion de crise !) depuis 3 semaines, avec moquerie et mépris ! Oui, oui !!!
  • Ceux qui participent à la théorie du complot avec jubilation
  • Bref, il y a tous ces Incompétents Temporaires… qu’on ne peut blâmer, juste accompagner… ou quitter.

Et il y a heureusement tous les autres :

  • Ceux qui depuis décembre ou janvier réfléchissent avec la pratique du doute rationnel à la situation
  • Ceux qui anticipent les scénarios, et préviennent clients, collaborateurs
  • Ceux qui identifient les activités arrêtables, reportables, transposables à la maison et mettent en place les moyens
  • Ceux qui mettent en place des moyens de communication avec leurs équipes pour garder le lien pendant le confinement
  • Ceux qui remboursent en une semaine (Salle Pleyel) le concert annulé, ou donnent le choix entre un report avec la date fixée et un remboursement (Zenith de Paris)
  • Ceux qui indiquent prendre soins de leurs clients en donnant toutes les mesures (Club Med)
  • Ceux qui envoient le mail parfait à leur sportifs avec information sur l’annulation, empathie, prochain RDV et qui assurent le suivi sur facebook des questions et parfois râleries ! Ecotrail de PARIS
  • Ceux qui restent chez eux et mettent en place avec papi et mamie des visios : “Non mamie, c’est ici qu’il faut cliquer si tu veux me voir… ” parce que responsables, ils savent qu(‘ils faut rester chez soi,
  • Ceux qui gardent leur sens de l’humour et leur créativité
  • Ceux qui nous disent merci pour notre message de dimanche matin
  • Ceux qui vont me manquer pendant tous ces jours
  • Ceux à qui je ne le dirai pas mais ce sera vrai…
  • Ceux qui me permettront de le leur dire maintenant ou plus tard…
  • A tous mes clients extras qui nous aident chaque jour à être meilleurs !

Et il y a enfin ceux…

  • Qui ont déjà perdu un être cher…
  • Qui veillent un être cher…
  • Qui sont loin de lui car il est malade et que le droit de visite est restreint
  • Et ceux qui se débattent entre le brancards et les lits pour donner du paracétamol, ou un respirateur…
  • Ceux qui, en blouse blanche, se font insulter dans les couloirs des urgences…
  • Ceux qui n’ont pas dormi depuis des jours et des nuits…
  • A tous ceux là… Merci.

Soyons responsable, restons chez nous.

 

Nous ne faisons pas souvent Cocorico sur les Réseaux Sociaux car notre métier, notre activité et les thèmes que nous abordons supposent de la discrétion. Alors lorsque le classement annuel du Magazine DECIDEURS est édité et nous classe depuis des années comme un cabinet à Forte Notoriété… nous en sommes ravis.

Comme ce classement est établi par nos clients et leurs déclaratifs… nous en sommes touchés et très heureux. Et les remercions du fond du cœur de leur présence bienveillante, de leur confiance… car travailler avec nous suppose d’aborder des sujets délicats, de tension, de crise, qui bousculent certitudes et organisations, malmènent Dirigeants et Equipes.

Nous les poussons dans leurs retranchements, parfois de façon un peu cash… mais toujours dans le respect de leurs personnes, équipes, décisions, visions. Notre approche systémique leur permet une vision que leurs convictions peuvent masquer. Notre humour aussi parfois les secoue !

Alors un grand merci à nos clients pour leur reconnaissance. Nous leur adressons par ces lignes tout le plaisir que nous avons à travailler avec eux… même tard le soir ou aux aurores… même pendant les ballades des chiens ou les entrainements de sport !!!

Merci.

Alors pour l’an en 7, 7 acquis !

Nous voilà dans le grand 8… alors souhaitons nous un beau tour !

Il y aura des moments d’extrême vitesse, des moments plus lents ou la crémaillère nous paraitra avoir des courbatures…

Des moments où nous aurons la nausée, le cœur au bord des lèvres et des moments où serrés les uns contre les autres nous nous dirons « quel bonheur d’être là ! » et nous rirons de nos aventures.

Des moments où nous ne verrons pas le bout du manège et d’autres où nous aurons le vertige, d’autres encore qui seront illuminés des lumières de la fête.

Alors faisons de ce grand 8 une expérience collective et personnelle, passionnante, drôle, enrichissante… pour que nous puissions dire dans un an : c’était un vrai grand 8 qui valait la peine d’être partagé ! Avant d’arriver à un an 9 !

Bonne année à tous.

raiddoc

Alors si il y a un livre qui m’a attrapé le cœur ces derniers temps, c’est bien celui du Dr Langlois : « Médecin du RAID ».

Écrit après les attentats du Bataclan et de St Denis, le livre témoigne à la fois de l’horreur mais aussi de l’engagement de ces hommes hors normes que sont les gars du RAID et leurs médecins.

Humilité : le premier mot qui vient. Ils sont humbles entre eux car à la merci de dingues, de fous furieux, de désaxés et lorsqu’ils partent sur une  mission ils ne savent pas ce qui va se passer. Ils ne jouent pas aux sur-hommes (comme peuvent le faire de petits chefaillons ici où là) ils font le job, avec passion et engagement.

Solidarité serait le second. Les médecins ne sont pas armés… ils savent que la tache des « copains » est de les protéger, comme la leur sera peut être celle de les sauver. Ils sont solidaires jusqu’à l »Omelette » le restau dans lequel ils se retrouvent à la fin de l’intervention pour vider le sac émotionnel.

Adaptabilité : ils sont entrainés, sur entrainés, mais jamais assez, et même s’ils ont prévu tous les scénarios, ils sont prêts à s’adapter à gérer, à improviser car ce qui se présentera ne sera jamais comme dans le pire des scenarios. Entrainé aussi, les médecins, à porter des victimes et intervenir avec l’équipement militaire sur le dos, les armes en moins. A savoir 20kg de protection auxquels s’ajoutent les 10Kg de casque !!!

Capacité de décision : il faut décider en temps réel, avec des bruit de balles qui sifflent, qui soigner. La notion de tri prend tout son sens : Mettre de côté celui qui n’a pas de chance de s’en sortir et intervenir au plus vite sur celui dont l’état permet l’espoir. Regrouper les victimes dans le « nid » afin que les services de secours puissent les sortir du site dans une noria précise.

Mais ce que j’ai retenu surtout c’est cette humanité qui se détache, qui transpire de ce livre. Cette approche de l’humain qui est au cœur de tous les processus de préparation. « Je me prépare car je dois limiter l’impact de mon stress en temps réel sur mon intervention ou mes collègues ; je me prépare à décider afin de sauver le plus possible de vie ; je me prépare aussi à ne pas soigner sur place : mon rôle est juste de trier, stabiliser, extraire…  »

Bref, un livre à lire qui redonne foi en l’humanité. Merci Dr Langlois.