Résumons. Un virus s’attaque à une partie de l’espèce humaine. Les plus âgés, (plus de 75 ans) les fragiles, ceux qui souffrent déjà de pathologies… Ceux-là se retrouvent en insuffisance respiratoire et ont une probabilité élevée de décéder dans les semaines à venir s’ils sont touchés par le virus.

Alors dans une réflexion « tout pour la vie », le gouvernement décide de confiner TOUT le pays. Une assignation à résidence pour l’ensemble des français… 100% des français sont enfermés, pour protéger 10%, dont le « reste à vivre » est de 10 ans, 15 ans dans le meilleur des cas. Si vous relisez le papier « Place aux jeunes » vous aurez tous les chiffres et le reste à vivre est en fait bien moindre… mais bon. Je vise large pour ne pas être trop méchante !!!

Punition collective sans cadre légal

100% des français sont assignés à résidence sans aucun cadre légal. Le 16 mars, la décision de confinement de la population n’est encadrée par aucun texte juridique. Il faut attendre le 24 mars, pour que l’état d’urgence sanitaire soit décrété, légalisant alors l’enfermement du 16. Cf: Confinement : le débat interdit 

100% des français sont assignés à résidence avec comme message clé : la peur ! La peur de mourir, la peur de la contagion, la peur… et les médias qui nous montrent à grand renfort d’images terribles les malades obèses sur le ventre, râlant avec un tube dans la bouche !!!

100% des français sont assignés à résidence avec comme moyen : la répression. Les amendes plus dissuasives les unes que les autres, on ne va pas sur les berges de Seine, ou sur les plages, ni dans les parcs et forêts, etc. Et les médias qui nous montrent les vilains gendarmes et policiers qui sévissent !!!

100% des français entendent tout et son contraire : les enfants sont contagieux, pas contagieux ; on peut courir mais pas faire du vélo ou nager en eau libre… Vous connaissez par cœur, d’ailleurs, ça amuse bien la toile.

Punition … à vie ?

Alors maintenant revenons aux 90% des français… les autres.

100% des 90% des français sont assignés à résidence…

Une grande partie en chômage partiel : 11 millions de français !

Une autre partie en « travail à domicile en mode confiné » que par un abus de langage facile on a appelé télétravail. En télétravail : votre mari/femme n’est pas dans la maison (“Cheri(e) on mange quoi à midi ?”), vos enfants non plus (“Mamaaaaan, Papaaaaaa, ils sont où mes crayooooons ?”), vous avez organisé un espace de travail (pas la chambre, ou la cuisine (“Dis moi tu as bientôt fini, il va falloir faire manger les monstres… et moi aussi d’ailleurs j’ai faim !”), vous avez été formé et d’ailleurs vous avez négocié le temps de télétravail avec votre employeur (” Je sais il est 21 heures, mais j’ai été en call tout la journée… et j’en ai pour 5 minutes…”). Et accessoirement en télétravail, le soir… il y a le truc magique, sympa : le pot, le restau, la natation ou la séance de pilates…  la vie, quoi ! Là que néni, après le travail à domicile en mode confiné, il vous reste la télé confinée, la négo en mode confinée sur l’épisode 7 de la Casa de Papel versus la 7eme compagnie !!! Grandeur et décadence.

Pour 90% des français, dont le reste à vivre est de 1 à 86 ans, quelle est la perspective ? Licenciements, chomage, perte de chance, perte d’entreprise, faillite, détresse, suicide, plus d’impôts (il va bien falloir rembourser), plus de travail en mode dégradé… la liste est longue. Et le vrai bilan ne sera pas que économique. Il sera en terme de capital humain. Il sera lourd. Très lourd.

Il nous en falloir de la force pour vivre notre résilience. Car on la vivra ! Et je propose plus loin quelques pistes. Car loin de moi ce pessimisme ambiant !!!

Alors le problème, c’est que nos gouvernants ont commencé à comprendre (enfin, je le souhaite !!!) l’ampleur du désastre économique. Et que celui-ci est sans commune mesure avec le désastre sanitaire. Cependant, victime des décisions imbéciles prises à l’arrache le 16 mars, il ne peut que continuer à utiliser le mot peur avec l’arme coercition. C’est le biais d’engagement.

En effet, la situation est un immense dilemme. Soit il relance l’économie, à marche forcée, le 11 mai avec toutes les décisions contradictoires qui vont aller avec : l’école oui, mais pas toutes, pas les grands, mais les petits…etc. Soit il prolonge le confinement dans les zones dites rouges, mais avec le droit de se déplacer pour le travail, mais pas pour des vacances, et accentue le désastre économique en pilonnant la saison estivale. En gros, il est dans le bouillon !!!

Il faudrait quand même se rappeler la phrase « les femmes et les enfants d’abord » !!! A quoi pense-t-on quand un navire coule (si on a des canots !!!)… aux femmes et aux enfants. Non, on ne met pas les vieux en premier !!! C’est cynique. Mais c’est comme ça. Et là, nos gouvernants, ont juste rempli les canots avec les vieux… et laissés les jeunes, les femmes, les forces vives… dans le bateau en train de couler. Ils ont même ouvert les hublots et l’eau y rentre à gros bouillon !!!

Freiner pour repartir

Alors oui c’est un paradoxe, mais il va nous falloir freiner, alors que nous sommes à l’arrêt, pour prétendre repartir. Il faut commencer par repérer nos forces vives, leur ôter la peur, les doter d’écope et leur donner l’envie d’écoper(*) tous ensemble… alors qu’ils ont bien écopé ! (Il fallait la trouver celle-là !)

Depuis le 28 avril, et l’annonce d’un déconfinement par zone, par âge, par ici, par là… toutes les entreprises sont sur le pont. Comment faire, avec qui ? Qui reste en “télétravail” ? Qui revient sur le terrain ? Comment relancer la machine ? “Il va falloir mettre la surmultipliée…”

Nooooon. Pas la surmultipliée ! Stop. Posons-nous. Où en sont nos équipes ? Comment recréer le lien, la confiance, et se donner un projet collectif. Il va falloir lutter contre le message peur distillé depuis 2 mois par le gouvernement et éviter de faire comme lui en mode coercition ou contrainte. Alors Dirigeants, cadres, managers, prenez le temps de retrouver vos équipes. Purgez le grabuge fait par ces 2 mois de venin médiatique. Il y aura 3 temps à la reconstruction.

Temps 1 : la prescription, les recommandations, les exigences. Repérons l’ensemble des attitudes et comportements attendus. On en a assez entendu parler depuis 2 mois. On les connait tous… les gestes « barrières ». Si vous trouvez le geste barrière à la bêtise, soyez chic, partagez !!!

Temps 2 : l’adaptation. Transformez les contraintes en nouveaux codes et usages sociaux. On ne peut pas faire respecter les gestes barrières aux jeunes enfants ? Regardez les enfants chinois qui portent des chapeaux de 1 m d’envergure !!! Ils ont fabriqué leurs chapeaux rigolos et en font la compétition !

Pour nous adultes, aussi de nouveaux usages à mettre en place : pas de bises, pas de poignées de main… soyons créatifs et ludiques ! Cela ne veut pas dire s’ignorer !

Chacun dans sa structure peut faire travailler ses équipes et faire émerger l’intelligence collective pour adapter à la vraie vie les attentes sanitaires. Travaillons ensemble. Evitons les communications descendantes « c’est comme ça à partir de lundi 11 mai ». On voit bien que cela ne marche pas ! Cf la lettre des 300 Maires envoyé à Emmanuel Macron, le 3 mai.

Temps 3 : L’ajustement. Juin, juillet, août, septembre… et tous les mois qui suivront, nous serons dans l’ajustement. Nous procéderons à des modifications à la marge, nous ferons évoluer ce qui s’avèrera impossible, devenu inutile, ou contre-productif. Et si nous annonçons maintenant ce temps trois, nous inciterons à l’amélioration continue, et éviterons l’effet « girouette » auquel nous a bien habitué notre gouvernement.

Voilà quelques repères pour préparer le jalon du 11 mai, et non l’échéance du 11 mai. Question de sémantique.

Muriel qui cite Alain

Le pessimisme est d’humeur, quand l’optimisme est de volonté.

(*) Ecoper : Marine : Vider (un bateau) avec l’écope. Fam. Recevoir un coup, une punition.

Ecouter :

Vous avez aimé “place aux jeunes”, vous allez adorer “Corona, c’est parties !”

“La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables”. Charles Nicolle, Destin des maladies infectieuses, 1939.

Vous avez lu « Place aux Jeunes ! », et peut être vous êtes-vous dit « Tout ça, c’est bien gentil ! …mais qu’est-ce qu’il propose ? » ; eh bien justement !

Pour protéger les personnes à risque et le système de santé, la suite logique de « Place aux Jeunes ! », est une solution rationnelle, rapide, efficace, peu coûteuse, voire rentable par rapport à la stratégie qui semble se préparer (tester toute la population, déconfinement progressif…quand il aura lieu, port de masque pour l’ensemble de la population, poursuite de mesures barrières drastiques, surveillance par drones, « tracking » électronique, lois d’exception, etc. et ce pendant des mois, voire jusqu’à la disponibilité d’un vaccin efficace…).

Une solution qui donne enfin toute leur « Place aux Jeunes » !

La vague des premiers infectés est en voie de contrôle et les personnes à risque n’étant plus exposées, il est donc temps désormais d’envisager pour tous les individus disons de moins de 50, voire 60 ans, (personnes vulnérables et professionnels de santé exclus sur la base de recommandations et non d’obligations), un déconfinement total, rapide, sans mesures barrières et accompagné d’une incitation forte à des « Corona parties ».

La population des moins de 50 ans, diminuée des professionnels de santé et des personnes vulnérables, représente environ 40 millions d’individus qui, lorsqu’ils sont infectés par le SARS-CoV-2 font, soit une infection asymptomatique dans l’immense majorité des cas, soit une forme bénigne de la COVID-19 (moins de 30 décès dans cette tranche d’âge en France à ce jour, essentiellement des personnes à risque).

Des « Corona parties » ne seraient ni extraordinaires ni révolutionnaires. Dans les années 50, avant la disponibilité d’un vaccin contre la rubéole (1970), ces « parties » consistaient pour les jeunes femmes non immunisées à se regrouper avec des cas contagieux de rubéole pour s’immuniser.  La rubéole, maladie constamment bégnine chez les enfants et les adultes est en effet la cause du grave syndrome de rubéole congénitale lorsque les femmes non-immunes sont infectées durant leur grossesse. Ces « parties » ne seraient pas forcément judicieuses pour d’autres maladies infectieuses, comme la rougeole par exemple qui est une maladie relativement grave pratiquement à tout âge.

Des « Corona parties », sur la base du volontariat (!), accéléreraient significativement le processus naturel d’immunisation de la population et le renouement actif de liens sociaux distendus.

Le Professeur J.F. Delfraissy, « l’homme de la situation » et du confinement maximal, semble gagner en lucidité ce qu’il perd en cohérence. Il s’est récemment étonné « du plus faible nombre de personnes immunisées que prévu » [sic], estimé à 10 ou 15% actuellement » alors que 60% est la valeur consensus nécessaire pour une immunité de groupe protectrice permettant le déconfinement. Il recommande donc de poursuivre le confinement…imparable !

Qu’on le veuille ou non, à défaut d’un vaccin efficace ou de rester éternellement confiné, chacun d’entre nous attrapera le virus tôt ou tard. Un retour précoce, du jour au lendemain, à une vie sociale et professionnelle normale agrémentée, ou pas, de quelques « Corona parties » pour ceux d’entre nous qui ne sont pas à risque de maladie grave, permettrait en quelques semaines d’atteindre 40 millions d’immunisés pour le SARS-CoV-2. Ils protégeraient ainsi indirectement les non immuns. L’atteinte du seuil de 60%, identifié par des études séro-épidémiologiques conduirait à revoir les recommandations concernant les personnes les plus vulnérables. Cela permettrait enfin et surtout, si l’immunité naturellement acquise est solide, ce qui reste à prouver, et en absence de mutation du virus SARS-CoV-2, de régler le problème de façon pérenne et d’allouer les énormes sommes d’argent actuellement dépensées à d’autres priorités.

 Sources

https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/mrc-gida/2020-03-16-COVID19-Report-9.pdf; https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0140673620307467

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-9-avril-2020

https://www.immunizationinfo.org/issues/exposure-parties/rubella-parties/

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-10-15-de-la-population-le-taux-de-personnes-immunisees-plus-faible-que-prevu-6803025

Epidémie de COVID-19 : « Place aux Jeunes ! »

Certains conflits d’intérêts sont tellement évidents qu’ils sont parfois difficiles à voir

Combien de morts ? La litanie quotidienne du nombre de décès attribué à la COVID-19 rend mal compte que la maladie est en fait responsable de 10% du nombre des décès qui surviennent habituellement chez les personnes de plus de 65 ans.

  • La France compte 67 millions d’habitants dont 14 millions sont âgés de plus de 65 ans. Chaque année, environ 600 000 personnes décèdent dont 500 000 sont âgées de plus de 65 ans, soit 40 000 en moyenne chaque mois. Depuis début mars 2020, la COVID-19 a entrainé environ 15 000 décès (personnes décédées à domicile exclues) dont plus de 90% sont survenus chez des personnes de plus de 65 ans. Une mortalité de 4 500 décès en moyenne par mois représente ainsi environ 10% des décès attendus dans cette population. Dans le même temps, tout âge confondu, 6 000 décès en moyenne sont attribuables à la seule pollution de l’air, 6 000 au tabac et 3 400 à l’alcool.
  • En imaginant que la mortalité mensuelle de 4 500 décès reste constante et que l’épidémie dure 12 mois, le nombre total de décès attribué à la COVID-19 au bout d’une année serait de l’ordre 50 000 chez les plus de 65 ans, soit environ 2,5 fois moins que les décès par cancer ou par maladies cardiovasculaires. Chez les moins de 65 ans, le nombre de décès serait de l’ordre de 10 000 (10% de la mortalité habituelle), soit le 1/4 des décès par cancers et les 2/3 des décès accidentels. La mortalité chez les moins de 44 ans est pratiquement nulle (< 1/million).
  • Le bilan réel du nombre de décès dû à la COVID-19 ne pourra être établi qu’après la fin de l’épidémie et sur une période de référence. En effet, une fraction importante de la population qui décède actuellement par COVID-19 serait décédée de toutes façons d’une autre cause à court ou moyen terme (cf. plus bas « Qui décède ?). Il s’agit donc de bien distinguer la surmortalité due à la COVID-19, de la mortalité habituelle. En absence de tests systématiques, la mortalité par COVID-19 est de plus difficile à quantifier : elle peut être sous-estimée ou surestimée notamment si une fraction significative des décès de cause inconnue (plus de 50 000 par an chez les plus de 65 ans) est attribuée à tort à la COVID-19.

 

Qui décède ? Des personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie limitée

  • Fin 2015, 728 000 personnes fréquentent un établissement d’hébergement pour personnes âgées ou y vivent, soit 10 % des personnes âgées de 75 ans ou plus et un tiers de celles âgées de 90 ans ou plus. Huit sur dix sont accueillies en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les résidents sont de plus en plus âgés : la moitié a plus de 87 ans et 5 mois, contre 86 ans et 5 mois fin 2011. Les personnes accueillies en 2015 sont plus dépendantes qu’en 2011 : plus de huit sur dix ne sont pas autonomes. Près de 260 000 souffrent d’une maladie neurodégénérative.
  • La durée médiane des séjours se terminant par un décès est 2,6 années lorsque le résident était au domicile avant d’entrer en EHPAD et de 1,1 an lorsqu’il était en unité de court séjour.
  • Parmi les personnes de plus de 65 ans qui décèdent de la COVID-19, 80% ont plus de 75 ans.
  • La COVID-19, « un suicide collectif », déclarait le Pr J.F. Delfraissy, 71 ans, Président du Conseil scientifique COVID-19 auprès du ministère des solidarités et de la santé, sur Europe 1 le 07 avril 2020. Moins d’un décès de personnes âgées ou très âgées pour mille habitants attribués à la COVID-19 sur 12 mois, n’est évidemment par rien, mais cela peut difficilement être considéré comme « un suicide collectif ».

 

Qui gère la crise ? Des politiques, des médecins et des riches, mais surtout des personnes âgées !

Les politiques

  • La moyenne d’âge est de 62 ans pour l’Assemblée nationale et le Sénat.
  • Avec une moyenne d’âge de plus de 60 ans, les sénateurs sont les élus les plus âgés de la République française, et ont douze ans de plus que les députés (48 ans). Cette moyenne d’âge élevée ne diminue pas significativement avec le temps : elle était de 64 ans en 2014, de 66 ans en 2011, de 65 ans en 2008 et de 62 ans en 2004.
  • C’est parmi les élus locaux que l’on retrouve le plus de personnes âgées de plus de 55 ans. D’après Michel Koebel, seuls 4% des maires avaient moins de 40 ans en 2012, tandis qu’ils étaient 42% à avoir plus de 60 ans. Parmi les élus régionaux, 3% avaient moins de 40 ans et 55% plus de 60 ans.
  • L’âge médian des Français est de 40 ans, soit 20 de moins que nos parlementaires.

 

Les médecins

  • L’âge moyen des médecins inscrits à l’ordre est de 57,1 ans.
  • Près d’un médecin sur trois a plus de 60 ans, 47 % des médecins ont 55 ans ou plus (alors que c’est le cas de 18 % des cadres et professions intellectuelles supérieures) et 30 % ont 60 ans ou plus.
  • La limité d’âge des médecins qui accomplissent des vacations dans des établissements publics de santé ou dans des établissements sociaux et médico-sociaux dans le cadre d’un cumul emploi-retraite a été portée à 72 ans jusqu’en 2022. (Atlas démographie médicale en France 2018)
  • Il n’est guère étonnant que les membres de l’Académie Nationale de Médecine, dont l’âge moyen est probablement assez proche de celui d’entrée en EHPAD, soient les plus vindicatifs à vouloir imposer à l’ensemble de la population des mesures coercitives draconiennes.

 

Les riches

La tranche d’âge la plus aisée est celle des 60-69 ans : son revenu mensuel moyen par personne, de 2 276 euros est de 34 % supérieur à celui de la génération des 20-29 ans (1 702 euros par mois en moyenne), selon les données 2013 de l’Insee. L’écart est également significatif (+ 21 %) avec la tranche d’âge des 30-39 ans (1 886 euros). Phénomène nouveau : la baisse du niveau de vie avec l’âge ne se produit plus en moyenne à 60-69 ans, mais à 70-79 ans.

 

Quels coûts sociétaux et économiques de la stratégie de confinement actuelle ?

  • Le 9 avril 2020, les prévisions étaient une perte de 60 milliards d’euros par mois de confinement, une chute de 18 % de la consommation des ménages, un chômage partiel qui pourrait concerner 5,7 millions de salariés.
  • Comme attendu, les conséquences sociétales indirectes lié au confinement de longue durée sont majeures pour ceux qui ne sont pas encore en EHPAD et notamment pour les moins de 65 ans (pertes d’emploi, faillites, suicides, absence de suivi médical correct, stress, divorces, violences familiales, aggravation des inégalités sociales, recrudescence de troubles psychiatriques, etc.) ; il semble par exemple qu’il y ait une réduction de 50% des consultations pour accidents vasculaires cérébrales et infarctus du myocarde, de dépistage de cancers, etc… Cela signifie une prise en charge absente ou retardée de ces malades qui augmente leur risque de décès et de séquelles. Ainsi, la possibilité d’une surmortalité significative chez les moins de 65 ans, sans facteur de risque, due à d’autres causes que la COVID-19 ne peut être exclue.

 

Quelle stratégie pour quels objectifs ?

Au total, la stratégie actuelle du confinement maximal, liberticide et prétexte à l’instauration de pas supplémentaires vers l’autoritarisme entraîne un quasi-arrêt du fonctionnement de la société. La logique d’une stratégie visant à prendre en charge les personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie brève au détriment de la population jeune chez laquelle l’infection par le SARS-CoV-2 est soit inapparente soit peu symptomatique est difficile à comprendre, possiblement contre-productive et d’une éthique discutable.

Pourquoi ne pas demander aux personnes malades de rester chez elles ? Ce que chacun d’entre nous faisons habituellement sans qu’on nous le demande. Pourquoi ne pas recommander aux seules personnes âgées et à celles qui ont un facteur de risque de forme sévère de COVID-19 de rester chez elles ? On le demande régulièrement aux enfants et aux sportifs lors des pics de pollution au lieu de gérer la pollution atmosphérique qui est pourtant responsable d’un nombre bien supérieur de décès.

 

Un suicide collectif sociétal, oui, un suicide collectif sanitaire, non

La crise actuelle, initialement sanitaire et d’ampleur modérée est devenue sociétale et majeure, par la grâce d’une gérontocratie, qui en représentant non pas les plus sages d’entre nous mais les plus nombreux et les plus favorisés, cherche naturellement et avant tout à se protéger elle-même.

 

Conclusion : Place aux Jeunes !

 

Sources

https://www.santepubliquefrance.fr/;

https://insee.fr/fr/accueil

https://academic.oup.com/cardiovascres/advance-article/doi/10.1093/cvr/cvaa025/5770885  https://academic.oup.com/eurheartj/article/40/20/1590/5372326

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/etudes-et-resultats/article/728-000-residents-en-etablissements-d-hebergement-pour-personnes-agees-en-2015

https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-niveau-de-vie-selon-l-age?id_theme=21

https://www.la-croix.com/Economie/France/Limpact-economique-Covid-19-trois-chiffres-2020-03-30-1201086985

Ce texte de Régis Debray est publié dans la collection “Tracts” de Gallimard, qui fait paraître chaque jour des textes brefs et inédits, pour “trouver les mots justes” en temps de crise. Et ces mots sont si justes… 

Me faisant part de l’angoisse montante de ses patients, notamment les plus âgés, un ami médecin me dit : « L’inflation de la communication, c’est peut-être un progrès, mais cela perturbe les certitudes. » On ne peut mieux résumer l’impression que donne ce tourbillon de propos plus ou moins autorisés qui fait perdre la tête, et le sens des choses. C’est l’inconvénient du numérique, et sans doute un progrès de la démocratie que chacun puisse donner son opinion sur tout, et de préférence sur ce qu’il ne connaît pas. La parole prolifère en même temps que le virus. Elle ne touche que l’esprit, c’est beaucoup moins grave. Avec un bémol : la sournoise montée d’un certain nihilisme, dont je ne suis pas sûr, comme l’ami Finkielkraut, qu’il soit vaincu. Tout peut se dire, et son contraire, sans que rien ne différencie le fondé de l’infondé. Donc tout se vaut et rien ne vaut. Qui croire ? À qui s’en remettre ? Où est la parole d’autorité ?

AUTORITÉ ET BRIÈVETÉ SONT SYNONYMES

Pas vraiment chez les autorités politiques. Ne tirons pas sur le pianiste, il faut bien improviser face à l’imprévisible. Mais les crises générales sont impudiques : elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit. Soit un croissant décalage entre le dire et le faire, source de défiance et de suspicion. Nous sommes en guerre, nous dit-on, mais on cherche le général en chef, celui qui dit beaucoup en très peu de mots. Veni vidi vici. Sans remonter à César, souvenons-nous du Général, qui en quelques phrases, moins de trois minutes, pulvérise un coup d’État en Algérie, et plus tard, le psychodrame chaotique d’un long mois de Mai. Une phrase, un acte. Pas un mot de trop, et chaque mot à sa place. Comme la reine d’Angleterre, quatre minutes. Imperatoria brevitas. Autorité et brièveté sont synonymes. Un historien mettra demain en regard la dilution de la puissance publique, sur un demi-siècle, et le délayage des allocutions officielles. Moins ça peut, plus ça cause.

Les crises générales sont impudiques : elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit

Interrogé avant de mourir sur ce qu’il considérait comme « la caractéristique de notre temps », Malraux répondit sèchement : « L’absence de décision ». D’où sortent la demi-mesure militaire et le compromis parlementaire : un demi-soldat dans un demi-char et un allez voter et restez chez vous. On sait comment l’État en France, quand il a choisi de se suicider pour, dit-il, se moderniser, a inventé toutes sortes d’organes de défausse au titre plus ou moins pompeux – Comités, Hauts-conseils, Observatoires, Forums, Conventions, etc. – et dix autres « autorités administratives indépendantes ». Ces inlassables fournisseurs de rapports pour rien ont pour la plupart l’utilité du figurant sur scène, quand l’acteur n’y est plus. L’ancien État-nation en panne de volonté et de substance a cru bon d’ajouter à la panoplie de ses abdications cette machine à ne pas prendre de décision qu’on appelle – un oxymore ? – l’Union européenne. Bulle à blabla et tiroir-caisse. La valise bruxelloise à double fond engage à sortir de l’histoire par la petite porte, non d’y rentrer par la grande. Les occasions d’essayer n’ont pourtant pas manqué. Celle-ci aurait pu, mais ne sera pas l’une d’elles.

LES CONSULTANTS ET EXPERTS

Remarquée a été la présence ostentatoire, sur les plateaux, à côté de nos gouvernants, de consultants et d’experts. Ils se font escorter par un, ou même deux Conseils scientifiques, créés pour l’occasion, au nom desquels ils se prononcent. C’est pas nous, c’est Monsieur le professeur. Certains ont vu là une atteinte aux prérogatives de l’Exécutif. Je n’en suis pas si sûr. Le Pouvoir exécutif n’apparaît jamais seul en scène. Il a derrière lui, ou plutôt au-dessus, une transcendance en pointillé. Elle a changé de nature depuis Saint-Paul qui disait, en bon connaisseur de l’autorité : « Omnis potestas a Deo »Tout pouvoir procède d’un grand Autre. Chaque époque le sien.

L’art meurtrier du blabla est aussi celui de ne pas répondre aux questions, mais très abondamment

Le Chef l’est par délégation d’un surplomb, projection d’une verticale ici-bas. Le véritable commandant ne parle pas en son nom propre, car c’est toujours et partout un lieutenant – de Dieu, du Prolétariat, de la République ou de la France. Cette sujétion à plus grand que soi fait sa force. Saint-Louis, Lénine, Clémenceau ou De Gaulle étaient d’autant plus écoutés qu’ils servaient de truchement à une valeur suprême. Quand on ne peut incarner cette transcendance – parce que l’ordinaire des temps ne s’y prête pas – force est de la mettre au dehors, à côté de soi, puisqu’elle n’est plus en dedans. En l’occurrence, la Science, arbitre suprême et sans réplique. Le problème est que la science médicale est par nature sujette à controverses, suppositions et incertitudes, en quoi justement elle est une science. C’est l’inconvénient d’avoir pour alibi une science expérimentale. Contrairement aux absolus d’antan, qui étaient des objets de foi, incontestables à ce titre, elle s’atteste dans et par le relatif. Avec un savoir heureusement et désespérément empirique, le pilier devient béquille. On chancelle.

“FAIRE EN SORTE QUE”

Conséquence : plus de lest dans le discours. La communication, dont vit la classe politique qui s’imagine pouvoir survivre par elle à son discrédit, a tué le politique et ruiné sa crédibilité. L’art meurtrier du blabla est aussi celui de ne pas répondre aux questions, mais très abondamment. Parmi ces « éléments de langage », il en est un qui frappe par son omniprésence : le viral « faire en sorte que » du politicien (en moyenne, trois ou quatre fois par minute). Ce n’est plus un tic mais un aveu. Puisque dire n’est plus faire, et que la parole n’est plus un acte, on annonce ce qu’on devra faire mais plus tard, sans préciser quand ni qui. Plutôt un souhait qu’un engagement. On aimerait bien que. On procrastine sur un coup de menton. Les avantages de la résolution sans les inconvénients. L’affiche sans la chose. C’est la ritournelle magique du désarroi – le stigmate rhétorique d’un temps malheureux qu’on espère bien provisoire, mais il en est tant d’autres qu’éprouvent soignants et malades dans leur chair, qu’on a presque honte de devoir évoquer celui-là, fut-ce en peu de mots.

Mille excuses.

« J’ai perdu ma grand-mère mercredi du Covid19, et dans un epadh » me dit ma gentille voisine du 7 de la rue. « Zut. Désolée pour toi… Comment tu vas ? » « Le plus triste c’est de savoir qu’elle est partie seule… qu’on ne pourra pas lui choisir sa robe et qu’on ne pourra pas lui mettre des fleurs… parce que les fleuristes sont fermés. »

« Les fleuristes, oui. Mais pas nos jardins ! Passe on va trouver des trucs… »

Entre temps je croise le voisin du 9 et je lui dis la triste nouvelle, et qu’on va couper des fleurs dans le jardin pour la mamie de G. en gardant nos distances.

« Si tu veux j’ai du Bolduc violet pour les gerbes… et les papiers cello qui va bien. Je te les pose devant ta porte ce soir. Fais lui une bise distancielle ! »

Alors ce matin, je croise le maraîcher en bas… et je lui demande si je peux entrer sur son terrain pour du lilas pour la mamie de G. qui est enterrée aujourd’hui « Oh, oui bien sûr, prenez tout ce que vous voulez… et venez là, j’ai du lilas de deux couleurs… oh, mais c’est une saloperie ce « conarovirus » !!! » Je ne sais pas s’il l’a fait exprès mais j’ai souri.

Et puis j’ai coupé du lilas rose, du lilas violet. Dans mon jardin, quelques branches de cerisier japonais. Deux feuilles de palmier. G. est montée pour couper des fleurs d’oranger et du forsythias jaune !

On a récupéré le bolduc.

Ils sont jolis les bouquets.

Les fleuristes sont fermés.

Mais pas nos jardins.

Encore moins nos cœurs dans cette rue.

Il était une fois une grippette… un truc lointain, sur un autre continent bien loin de nous…. Où été comme hiver les autochtones portent des masques. Un médecin, « I am a poor lonesome doctor » essaye de prévenir que quelque chose part en cacahuètes… des hommes, des femmes, meurent. « Tais toi, tu vas porter la poisse… », « ce type veut se faire mousser… » ou « il est contre nous et veut alimenter un je ne sais quoi d’hostile. » Ce truc qui part en cacahuètes, finalement on en parle un peu en Europe. Mais cela reste un truc lointain, qui touche ceux qui mangent des chats, des chiens à Yulin, ou des pangolins… Alors, si nous les regardons d’un œil dédaigneux, et si nous leur octroyons quelques minutes dans des journaux, nous ne prenons pas la mesure de ce qui se prépare. Et le Poor Lonesome Doctor… meurt. Le Dr Li Wenliang. Et bien, nous voilà dans la classique phase 1 de la crise. La sous-estimation des signaux faibles.

Normalement, nous en sortons quand on change la place du i. De signaux faibles, nous passons à signaux fiables ! Février, jusqu’au 15 mars. Oui, il y a des morts, mais que des personnes âgées, oui on évite les grands rassemblements, mais on peut quand même voter. C’est la phase 2 : l’alerte. On se rend compte qu’on prend un peu de retard, mais quelque chose nous empêche d’accélérer et de gérer vraiment la situation. La peur de trop en faire, de passer pour un psychotique… etc. Une femme a su faire face à cette phase 2, mais c’est aujourd’hui que nous lui rendons hommage et qu’elle a la victoire discrète : Roselyne Bachelot qui lors de la crise du H1N1, a vu venir les fameux signaux fiables et a commandé les vaccins… Mais la chance était (ou pas c’était une question de point vue !) avec elle : c’est le meilleur des scenario qui s’est produit : il fallait 1 dose de vaccin et le virus s’est atténué !!! Mais si… si, si comme aujourd’hui le virus ne s’était pas atténué : elle aurait été la reine de la gestion des crises. Elle a été conspuée ! Aujourd’hui, en regardant la gestion de la crise par nos dirigeants, nous ne pouvons que constater retard, incongruence, incohérence etc. Et Roselyne, merci. Enfin, tout le monde s’accorde à dire que vous aviez pris les bonnes mesures !!!

La phase 3, c’est le point de ponctuation de la crise. 17 mars : confinement. Avec, oui on confine, mais on fait du sport et avec toutes les dérogations… Colère, panique, virées punitives dans les grandes surfaces. Elle dure 3 à 7 jours… on a vu des trucs fous : des gens se battre en France pour du PQ et des Lustucru !!! Et les médias H24… no comment !

La phase 4 est celle que nous vivons en ce moment. La routine d’un confinement durable… Normalement nous devrions nous installer dans ce confinement, avoir trouvé nos marques et organisé travail, famille. En reconnaissant que c’est très compliqué pour les familles dans des espaces restreints, les familles dysfonctionnelles, etc. Mais cette phase, nous y sommes. Ce qui rend ce moment compliqué est l’ensemble des messages contradictoires reçus. 27 mars : reconduction du confinement jusqu’au 15 avril. Mais on peut courir, mais plus en couple, marcher mais ne pas faire de vélo… sortir son chien… et le 3 avril : Prise de parole du 1er ministre pour expliquer les potentielles modalités du déconfinement ! Comment voulez-vous qu’on reste mobilisés sur le confinement, quand direct on nous dit comment on va en sortir ! Et ce soir, 7 avril j’hallucine en écoutant les infos : La Maire de Paris interdit le jogging de 10h00 à 19h00… et dans la foulée (oui oui !!!), idem dans les Yvelines. Ah ça c’est cool, comme ça : On va aller courir en même temps que les copains : avant 10h00 ou après 19h00, et au moment où ceux qui bossent partent au travail où en reviennent !!! Mais on est sur la tête !!! Soit on veut laisser courir (ce qui est débile !!! Et c’est une marathonienne bigorexique qui vous écrit !!!) et alors on impose des créneaux avec contrôle en ligne : je dois m’enregistrer pour courir et un algorythme me dit si dans mon quartier c’est jouable. En gros je réserve mon créneau de course en fonction de mon quartier… soit on interdit la course !!! Et ne me dites pas que ce n’est pas possible, puisqu’on est en train d’envisager de géolocaliser les personnes atteintes pour tracer les contacts ! Mais dire aux gens : restez chez vous, mais si vous voulez courir allez-y (tous ensemble mais avec un mètre de distance !!!) avant 10h00 ou après 19h00 !!! Pfff… pas de mots ! Et bien moi je suis contente d’avoir fait mon jogging cet après-midi à 16h00 !

Au-delà de ces décisions débiles, la difficulté de cette phase 4 est l’INCONNU de sa durée. Et là j’adresse un message aux chefs d’entreprises et managers. Vous avez organisé le travail, distribué les PC portables, géré le chômage partiel. Vous entrez dans le moment du lien. Que veulent vos équipes, collaborateurs ? Comment entretenir le sentiment d’appartenance… Comment faire face au fait que certains vous livrent leur intimité malgré eux : look du bureau ou de la chambre, famille, compagne ou compagnon… Comment accueillir votre intimité dans ce télétravail ? Le gamin qui arrive dans la ZOOM CONF, mon Jimmy chien qui course le chat du voisin, la vision que vous avez de mon UPIL (Unité de Production d’Idées Lucratives, donc mon bureau avec mon flamand rose qui clignote dans un coin !!!)  Comment prendre soin de ce lien sans intrusion dans la vie privée, comment donner du sens dans l’incertitude, comment maintenir l’esprit d’équipe sans la communication spontanée à différencier de la communication informelle. La communication spontanée c’est le collègue croisé dans le couloir à qui on dit le bon mot, à qui on donne une info… là nous prévoyons les Conf Call… la spontanéité se perd évidemment ! Et avez-vous prévu les mauvaises nouvelles… un collègue malade, ou pire… qui ne reviendra pas… comment le savoir, comment l’annoncer… comment gérer la suite ? Et quelle suite ? Voilà la phase dans laquelle nous sommes. La phase durable de l’incertitude et de la routine… de l’espoir et du doute. C’est le moment de maintenir, entretenir le lien, la confiance. Ne lâchez pas vos équipes, vos sous -traitants (Private message aux cabinets de formation pour lesquels j’interviens !)… parlez-leur. Et d’autres chose que de boulot, légal, slides… Parlez projets, mobilisez les synergies, créez des groupes de paroles, des groupes créatifs. Faites de cette période une aventure collective et non une punition collective. Pariez sur vos hommes et femmes… au lieu de parier sur l’argent que vous économiserez. Posez-vous la question… quel est le but ? Ou aller ensemble ?

La phase 5 sera le retour progressif… on ne sait pas quand, pas comment… avec qui ? Il faudra le préparer. Anticiper le retour erratique, des effets rebonds, des motivations et démotivations. Ce sera aussi une phase durable…

La phase 6 : un quotidien… surement différent de celui que nous connaissions en (20)19 sans Covid. Il y aura les anniversaires et les effets rebonds… On en parlera.

Voilà un « vous êtes ici… » au 7 avril. C’était un peu un billet d’humeur vous l’aurez compris… mettez votre réveil si vous voulez courir… et surtout pensez à encourager tous ceux que vous croiserez ! Ils seront sans doute plus nombreux qu’hier… mais pensez à garder un mètre de distance.

 

 

Depuis des mois, ils notent dans des carnets : heure de sortie, durée, nature (fartleck, fractionné, sortie longue…) , D+, D-, Météo… avec le souci du détail…

Depuis des mois, ils enregistrent les sensations, les doutes « me sens bien », ou « sortie pourrie » « suis largué, à la rue… » et toutes les variantes !!!  « Vais pas y arriver… »

Depuis des mois, ils se lèvent tôt le dimanche, au grand dam des grasse mat’ sensuelles !

Depuis des mois, certains extrémistes font suer leur moitié et la tribu familiale sur le thème « ah non ce soir pas de viande… J’aimerais bien manger des pâtes plutôt, demain j’ai sortie longue… »

Depuis des mois, ils rentraient le dimanche midi en grognant : « Purée, j’avais pas de jambes, c’est dingue !!! »

Depuis des mois, ils tentaient d’intéresser leur moitié et racontaient cet entrainement pourri du matin. Et la moitié se disait « quand je pense qu’on a mangé 5 fois des pâtes cette semaine !!! »

Depuis des mois… ils avaient ce 5 avril dans la tête. Partout dans le monde, ils avaient ce 5 avril dans la tête.

Certains avaient mis des sous de côté depuis longtemps, d’autres misaient sur ce marathon pour franchir 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans ou 70 ans comme Philippe que j’ai accompagné il y a quelques années. Certains misaient sur ce marathon juste pour se dépasser…

Tous ces marathoniens qui rêvaient de Paris, du Marathon de Paris.  Cette mythique course : le Marathon, dans la plus belle ville du monde.

Ce soir, 50 000 hommes et femmes sont frustrés.

Et tous ces hommes et ces femmes ont passé le marathon… chez eux.

Et en restant chez eux, ils participent à l’effort collectif. Ils ne luttent pas contre eux, contre la montre, mais contre un ennemi bien plus pervers : invisible il est partout, invisible il nous talonne, invisible il est plus fort que nous… soyons humbles, soyons forts en restant chez nous.

Alors ce soir, à ces 50 000 héros, j’adresse le texte écrit après un de mes 13 « Paris ».

MARATHONIEN

 

  • Coureurs en grappes ou en hordes
  • Ces mondes roulent la Concorde
  • La file est indienne à la Bastille
  • Passent les hommes et les filles

 

  • La houle du bois de Vincennes
  • La foule sur les bords de Seine
  • Plus d’hommes, plus de femmes
  • Des corps et des bleus à l’âme

 

  • Des bleus aux corps en route
  • Au corps à corps avec le doute
  • Ce ne sont plus des femmes à Boulogne
  • Mais des coeurs qui bastonnent

 

  • Ce ne sont plus des hommes dans ce bois
  • Qui progressent pas à pas
  • De ce balancement docile et mesuré
  • Pour certains malhabile et apeuré

 

  • Ce ne sont plus ni hommes ni femmes
  • Ils n’ont plus d’états d’âme
  • Ils n’ont plus qu’une certitude
  • Ne veulent plus que la solitude

 

  • De cette 42è ligne
  • Un seul aura de l’or digne
  • Mais tous ont un trésor
  • Car tous sont errants

 

  • Et 42195 mêtres plus loin gagnants

 

  • Chaque homme à son heure
  • Devient son propre vainqueur
  • Homme sans podium
  • Bonheur de ce pensum

 

  • Ton nom est dans l’histoire
  • Bien plus loin que la gloire
  • Ce bonheur t’appartient
  • D’être à jamais marathonien

 

  • Anonyme.

 

Tout va bien, vraiment ! Il fait un temps superbe et même confinée comme vous, je n’arrive pas à faire tout  ce que je dois, veux, peux faire… mais comment je fais ?

  • D’habitude, je consacre 2 heures par jour à marcher avec mon chien Jimmy sur les berges de Seine, et plus encore le WE car nous allons chaque samedi et chaque dimanche en forêt… Confinement oblige, mon pauvre Jim dispose désormais de 2 sorties de 30 minutes… autour de la maison… Donc j’ai gagné 1 heure en théorie.
  • D’habitude, je passe 2 heures par jour dans les transports en commun (ça c’est quand tout va bien !)… Inutile de dire que j’ai gagné 2 heures précieuses.

Solde intermédiaire : 3 heures.

  • D’habitude, je fais 1 h15 de natation tous les 2 jours en gros… donc, je gagne 1h15… et les 30 minutes de trajet et deshabillage.

Solde intermédiaire : 5h00, à la louche. On ne va pas chipoter en plein confinement pour 15 minutes !!!

  • Et d’habitude, je travaille comme beaucoup… quelques heures dans la journée, en gros, 7h00… et 9 heures de présence chez les clients.

Solde : 14h00

Je dors… 7heures…

Solde 21h00… Le reste c’est la déperdition habituelle, les interruptions, les zouilles.

Alors comment je fais pour avoir l’impression de manquer de temps pendant ce confinement contraint en ayant mon activité professionnelle à zéro (oui, 100% d’annulation des formations, report des médiations etc !), plus de déplacements, moins de balade de Jim, etc ?

Petit bilan. Introspection de la gestion de mon temps en confinement.

  • Constater que ta caméra t’a lâchée en J1 du confinement ! Karma !
  • Faire le point de la créativité des internautes sur le sujet du moment : lire, rire, faire passer aux autres copains…au moins 30/45 minutes par jour ! Ça fait du bien. Pas envie de supprimer.
  • Tester les classes virtuelles et autres dispositifs : Au bas mot 1 heure par jour, parfois 2 quand les solutions sont vraiment nulles !!! Et là, tu te rends compte quand même de la perversion des gus qui inventent des solutions en ligne susceptibles de te rendre plus efficace à distance… mais radicalement dingue chez toi !
  • Chercher à supprimer tes comptes sur les applis nulles, ne pas trouver, ramer, recommencer, redémarrer trois fois ton ordi, et finir par appeler ton ex (qui lui est un super pro !!!) sur le thème : “dis-moi tu ne voudrais pas m’aider… je suis en rade pour la 21ème fois depuis 15 jours… etc. “
  • Apprendre par ton ex que ta sœur (confinée en Catalogne) l’a appelé… parce que ton papa a dit à ta sœur “appelle Thierry, c’est un pro !!!” Donc, c’est vraiment un pro…
  • Brancher TeamViewer, lui laisser la main, rester quand même devant l’ordi pendant qu’il gère la solution en question… 1 h !!! Le remercier chaudement !
  • Pendant ce temps jouer avec Jimmy qui aimerait bien des balades plus longues… Chercher le lapin sous le canapé !
  • Rechercher une nouvelle appli… télécharger le truc. Ne pas trouver où ça s’est téléchargé… me dire que j’appellerai demain mon expert (alias mon ex !), parce que quand même, deux fois dans la journée, c’est gonflé !
  • Trouver un wa de Marc qui a pris le temps de livrer une webcam, accrochée à la porte de la maison… gestes barrières… On teste, ça marche pas. On met TeamViewer… et ça marche !!! Lui aussi un pro !
  • Animer la séance de HIIT avec Etienne, Dom, et Patrick en ligne sur wa. Rire de nos adbos… et surtout du « attends, je mets mes lunettes, tu peux remontrer le mouvement ? » ou « ouh là 15 secondes de pause, c’est pas beaucoup !!! »passer une heure à suer dans le salon, avec la boite de haricots, deux oranges et un manche à balai comme accessoires ! Si, si je vous promets ! Je passe la séance à qui en fait la demande !!!
  • Prendre 5 secondes pour envoyer un sms à Mumu des Etoiles, Claire ma complice de toujours, Nicolas le Photographe, Marc le Commandant, Lionel le Rugbyman, Monique la nounou de Jimmy, Claudine la prof engagée, Gael et Stéphanie les Triatlètes, Cyrille mon coach de nage… Marie-So, Olivia et Rolande les top coachs, Isa la merveilleuse médiatrice, Nico le Luxembourgeois, Didier l’ami d’enfance, Junior, Stéphane le Jurassien, Les petits suisses Guys et Dietrich, Sab et Hugo…
  • Papoter 15 minutes avec Régis qui travaille dans un EPAHD… épuisé.
  • Faire le point sur la « situation du monde » avec Ariane !!! Parler d’Antoine… Rire de nous, des autres, réfléchir à être plus intelligentes et alignées encore demain !
  • Chercher comment obtenir la fameuse aide de l’état pour les micro entreprises, bla bla, aller sur le site impots.gouv/espace-pro… pour lire qu’il faut aller sur espace-particulier… valider avec ton siren… mais la déclaration de perte de chiffre sur la base de quoi… la facturation en cours ou le CA encaissé ? Parce que nous les indépendants on encaisse en mars ce qu’on a facturé en janvier… pitête qu’ils zont pas pensé à ça… les #pointgouv’.
  • Appeler la comptable qui est géniale, mais qui ne sait pas… et recommande d’attendre avant de valider un truc #pointgouv’ parce que forcément ça va buguer !!!
  • Cuisiner, je n’aime pas ça mais ça occupe… 30 minutes. Bon, là j’ai peu de temps à gagner. En même temps, mon adorable voisin Antonio m’a offert des radis, 3 kg de carottes, et 2 kg de poireaux… donc ça va prendre un peu plus de temps !!!
  • Ranger mes placards (1 placard par jour… private joke pour Philippe !!!) : oups… trier les vêtements pas mis depuis 2 ans, les chaussures. Les mettre dans un sac. Descendre le sac dans l’entrée. Réorganiser les tiroirs et placards.
  • Laver la maison de fond en comble. J’ai commencé. Rdc fait. 1er étage à venir. Mais bon, je ne vais pas le refaire dix fois ! Pas de gain réel.
  • Gérer les annulations des épreuves : Gravity race, le swimrun est annulé ! Dommage. Prévenir Emmanuelle.
  • Suivre les éventuelles nouvelles de Opodo qui devrait me rembourser mon Vol Paris/Palma… mais qui continue de m’envoyer ses pubs de merde. Penser à résilier Opodo Prime.
  • Guetter une nouvelle du remboursement de mon stage de nage à Majorque. Stage annulé… là, je crois que je rêve. Jamais vu plus nulle gestion de crise et relation client. Pas prête de repartir avec eux !!!
  • Passer devant le sac de vêtements triés et me dire « ah, non, ça quand même, j’aime bien… je vais le garder. Allez, je lui donne une vie ! » Remonter le vêtement. Le poser dans la chambre… je rangerai ce soir en allant dormir.
  • Laver les affaires de sport, tous les jours !!! C’est la machine qui bosse, donc pas d’économie possible. Étendre.
  • Répondre au client qui demande une relecture d’un communiqué. Il est top ce client…
  • Appeler Olivier qui sort du Covid… recommencer à rire ensemble. Et bosser. Et rire…
  • Chercher des nouvelles idées de séances de HIIT… oui, ça prend du temps mais c’est sympa ! Pas envie de supprimer ! Et il y a un bénéfice physique évident. Et amical… encore plus !!!
  • Faire la séance de Vélo avec Patrick et envoyer le rapport à Guy et ses copains !!! Penser à en parler à Laurent mon pote de Sartrouville Triathlon (Tiens on ne les entend plus ceux-là ! Silence radio sur les ondes !!! Fin du débat ??? Private message pour ceux qui se reconnaîtront !) Réfléchir à renouveler ou pas ma licence…
  • Repasser devant le sac de vêtements et me dire… « Oh, mais c’est chouette ça. J’ai du me tromper en le mettant dans le sac… » et remonter le vêtement et le poser sur le premier, pour le ranger avant de dormir.
  • Mettre à jour mes sites Internet… peu de temps à gagner ! Et c’est vital pour la reprise.
  • Regarder les derniers gags des copains sur wa ! Rigoler, faire suivre…
  • Réfléchir au sommaire de mon prochain livre… c’est important. J’ai plein d’idées… la carte mentale prend forme.
  • Prendre des nouvelles de 3 amis par jour, par téléphone ! Rester une heure au téléphone avec Raymond… pendant que les épisodes 5 et 6 de la Casa de Papel défilent. Je n’ai jamais trouvé comment interrompre la diffusion depuis la tablette vers la télé, via Chromecast. Penser à demander à Thierry (mon expert !!!)
  • Avancer la Casa de Papel sur recommandation de Patrick ! Pas envie de zapper !
  • Préparer mon billet pour le blog (sinon Caro et Frédéric s’impatientent !!!)
  • Et répondre à mes clients… surtout pas envie de cesser, je travaille quand même, malgré les apparences. Les chouchouter, leur dire combien je pense à eux…
  • Repasser devant le sac… “ah zut, mais je l’adore ce truc !!!” sortir le sweat, le mettre sur la rampe de l’escalier, en attendant de le monter.
  • Sortir Jimmy… en écoutant Inter, rentrer. Constater que Jimmy le Pignouf s’est baigné, puis ébroué juste devant les murs blancs… lavés hier ! Me dire que j’ai le temps. Je repasserai une éponge plus tard.
  • Laisser un message à Patrick. Il a perdu un ami ce soir. Il est triste. Très triste.
  • Préparer une offre pour un nouveau client, brainstorming avec Olivia…
  • Faire un test ZOOM avec papa et maman devant une bière à distance… Décider d’utiliser ZOOM samedi prochain avec une nièce confinée en Angleterre, un frère et sa famille confiné à Tokyo, une sœur confinée en Catalogne, et les parents confinés à Boulogne !
  • Finir mon billet… et voilà… 21h15. Chercher une image pour l’illustrer. Constater que j’ai couru 1 km dans mon salon ce midi !!!
  • J’ai le sourire aux lèvres ce soir.  Depuis que je suis gosse le mot ENNUI n’est JAMAIS entré dans mon dictionnaire. Un certain Corona a bien tenté de lui faire de la place… mais c’est NO WAY !!!
  • J’ai le sourire aux lèvres ce soir. Car malgré la distanciation sociale je vous sais là.
  • J’espère que vous aurez le sourire aux lèvres ce soir… que vous savez que je suis là.

Merci à tous.

C’était une journée de confinement… #Jour15

Et pourtant je bosse !

PS : Et plus je reste devant ce blog, plus j’ai envie d’ajouter une ligne, et une autre. Alors il y a sûrement des prénoms absents de ce billet. Qu’ils ne doutent pas que je pense à eux.

Hier, nous parlions des biais liés au temps, qui nous font prendre des décisions pas forcément bien opportunes… ou nous empêchent de revoir notre point de vue. Aujourd’hui concentrons-nous sur les biais liés… à nous ! Non je ne vous propose pas une thérapie en ligne, mais une petite prise de recul sur nos façons de faire !

Les biais liés aux groupes et aux personnes

Le biais de conformisme (ou biais de consensus) a été défini par le psychosociologue Roger Mucchielli. Il consiste en une attitude sociale de soumission aux opinions, règles, normes, modèles ou système de valeurs d’un groupe auquel on a adhéré. L’individu sous emprise du biais de conformisme néglige ou change ses opinions. Salomon Asch, également psychologue, explique ce biais  par la volonté inconsciente de l’individu d’éviter le conflit et pire, le rejet par la tribu. Cette attitude de “suivisme” est consciente. L’individu sait qu’il pense différemment, voire qu’il a raison… mais refuse de s’opposer.

En situation de crise, ce biais de conformisme peut avoir de terribles conséquences. En effet, si tout un groupe envisage certaines options et un seul individu pense autrement, et à juste titre, alors les mauvaises options du groupe seront retenues. Si en plus vous ajoutez la pression de lobbyistes, la prise de décision « rationnelle » devient plus que compliquée !!! Il semble que le Pr Raout ne soit pas touché par ce biais… est-ce un bien ou un mal ? Peu importe ! Car avec sa « gueule » libre il fait accélérer la réflexion et chatouille ceux qui, sans le vouloir, seraient victimes de ce travers.

Le biais d’auto-complaisance a été défini par Dale T. Miller et Lee Ross (1975). Il désigne la tendance à s’attribuer la raison de ses réussites (causes internes) et attribuer aux autres (personnes ou contexte) celle de ses échecs (causes externes), afin de maintenir une image de soi positive. En clair, je réussis grâce à moi et j’échoue à cause de toi !!! Cela vous dit quelque chose dans les couples ? C’est pareil !!! Mais c’est plus souvent Monsieur qui est victime de ce biais, n’est-ce pas, les amies ??? Surtout dans la voiture, quand on est co-pilote orienteur !!! Lol. 

En situation de crise, un événement bien géré le sera donc grâce à la mobilisation de tous, à l’expertise des équipes… etc. Et les dérapages seront le fait des médias, du web, des témoins qui racontent n’importent quoi !!! C’est dingue, comme, vue sous cet angle, la gestion de crise devient… moins simple !!!

Le biais d’engagement est celui que nous vivons lorsque nous avons attendu 15 minutes notre bus et que nous hésitons à attendre encore plus ou à marcher au risque qu’il nous double alors… dans de nombreux cas, nous allons attendre. Alors que franchement… Ce biais d’engagement est celui qui fait que lorsque une décision a été prise et mise en application, les effets produits (ou non, mais ils vont se produire !) nous incitent à poursuivre dans le même sens, sans remettre en cause la décision de départ. Qu’est-ce qu’on a comme difficulté à faire marche arrière ! Le « oui, je sais… mais il va changer !!! Tu comprends je n’ai pas tout ça pour rien… ». Et bien si. Et il faut t’y résoudre !!! Et après on pourra toujours dire “oui, bien sûr je le savais, mais je voulais quand même vérifier…” On appelle ça le biais de pirouette !!!

Au sein de la cellule de crise, lorsque nous avons décidé de ne pas tester, ou de tester, de confiner ou de ne pas confiner, on a un mal fou à changer. Enfin, dans notre cas c’est plus compliqué puisque toutes les décisions qui sont prises ont tellement d’étoiles et de cases dérogatoires que le biais d’engagement à un peu de mal à se manifester !!!

Bonne soirée #Happyconfin’ #Jour10

Les biais cognitifs en situation de crise

En situation de crise, il est fréquent de voir des décisions prises vite, mal et contredites ensuite par de nouveaux éléments. Pourquoi est-il si difficile de décider en situation de crise ? Sans doute parce que nous faisons face à ces trois paramètres que sont l’urgence, l’émotion et l’incertitude dont nous parlons depuis le début, et bien présents avec ce Covid19.

Mais aussi sans doute parce que sous stress notre beau cerveau humain est capable de la pire des trahisons… il est victime de biais, dits cognitifs.

Et nous admettrons sans réserve cette approche des biais, afin de nous dispenser d’une approche plus radicale, qui mettrait sur le compte de l’égo, de la mauvaise foi ou du bricolage, la gestion de la crise !!!

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Les biais cognitifs ont été mis en évidence en 1972, par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky, (oui je suis sérieuse là !!!). Ils ont démontré de manière systématique que la prise de décision ne s’appuie que partiellement sur la pensée rationnelle et le raisonnement. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite et involontaire… C’est bien connu !!!

Ils remettent alors en question la théorie du choix rationnel. Et pourtant la pratique du doute rationnel est une nécessité en situation de crise, mais nous y reviendrons !

En pratique, un biais cognitif est une routine (facilité) de raisonnement, de jugement, ou de perception, qui amène une personne ou un groupe, à prendre la mauvaise décision dans certains contextes. Il s’agit d’une erreur du traitement de l’information. Aie !!! (Note personnelle à mes amies : les biais s’appliquent aussi dans les relations amoureuses !!!)

Les biais sont relativement stables (nous faisons les mêmes erreurs régulièrement) , inconscients et présents dans de nombreux domaines comme la médecine, le management, les finances, … et la gestion des risques ! (Note bis : je vous l’ai dit… les relations amoureuses aussi !!!) Ouille, ouille, ouille !

Les biais sont nombreux et j’en ai retenu certains et classés en 3 catégories[1] : les biais liés au temps, aux acteurs et aux groupes, et à l’événement.

Le biais rétrospectif est une erreur de raisonnement consistant à estimer, a posteriori, qu’un événement était probable ou prévisible, alors qu’il ne l’était pas a priori sur la base des informations alors disponibles. Le biais rétrospectif ramène dans le passé des éléments non disponibles alors et apparus après.

Conséquence : le biais rétrospectif sera source de critiques de la part des témoins des décisions des dirigeants. Il faut donc assumer cette prise de décision et savoir expliquer en quoi une autre option n’était pas envisageable à ce moment-là.

C’est dingue quand même comme on a pu reprocher à Roselyne Bachelot son achat de millions de vaccins, alors que c’est après la commande qu’on a eu toutes les informations sur la séroconversion des personnes vaccinées et la durée de la protection !!!… et aujourd’hui on reproche à nos dirigeants de ne pas avoir anticipé. On a la mémoire courte !!! (Les filles, vous savez c’est le : “je n’aurais jamais du lui céder… en fait je le savais depuis le début… mais bon… ” Rires !!!)

 Le biais de récence consiste à traiter comme prioritaires les informations arrivées en dernier et à négliger, de ce fait, le contexte général et les premières informations.

Conséquence : ce biais a pour conséquence de voir, par exemple, la fin de la crise trop tôt. Et de négliger de nombreux paramètres émotionnels ou médiatiques : le focus étant mis sur les derniers résultats obtenus.

Le risque avec le Covid19, est de penser que la crise est gérée en Chine parce qu’il n’y a pas de cas nouveau depuis hier. Attention à ne pas faire Cocorico trop vite chez nous avec la Chloroquine… par exemple, ou d’autres bonnes nouvelles… qu’on espère tant !!! (Et pour nous les filles, c’est quand on dit à à notre meilleure amie “oui bien sût il y a un mois je t’ai dit que ça ne durerait pas, mais là tu comprends, il est tellement gentil depuis 15 jours… !!!)

Le biais de primauté au contraire consiste à accorder plus d’importance à la première information reçue au sujet d’un événement, à évaluer la situation à partir de ce premier élément et négliger ceux reçus ultérieurement. Il est aussi le résultat d’une première évaluation de la situation, qui ne peut pas être contredite ensuite. La raison ?  La peur de s’excuser, l’orgueil ? Ca se résume, souvent, en 3 lettres : EGO !!!

 Conséquence : le biais de primauté invite à se focaliser sur un premier élément déclencheur et à négliger ensuite l’évolution de la situation. Par exemple : je pense que la situation n’est pas si grave et je suis en difficulté ensuite pour en voir l’aggravation… Alors, là je pense que nous y sommes. La fameuse grippette… et du coup, on reste sur une stratégie léthargique dans la gestion de la situation et il faut des alertes à répétition des personnels soignants pour qu’on en prenne la mesure… et j’ai encore un doute quand je vois encore des guguss faire leurs initiation/découverte du jogging depuis le 17 mars 2020. (Et pour nous les filles… c’est quand on reste sur notre coup de foudre du départ… alors que franchement on compile les déceptions… on est lucide, archi lucide… mais on ne veut pas, quoi ? Perdre la face ? Tsss… )

 Voilà ma petite contribution du jour… Happyconfin

Demain vous aurez sans doute les biais liés aux acteurs

[1] Pour en savoir plus sur les biais cognitifs : « Choices, Values and Frame », de Daniel Kahneman, ou « C’est vraiment moi qui décide ? » de Dan Ariely.

PS : Messieurs… vous aussi vous pouvez être victimes de biais cognitifs… Si, si !!! Je vous assure. Rires ! #Mauvaisefoi !!! Rires

#Happyconfin’ #Sauvezdesvies #Restezchezvous