Résumons. Un virus s’attaque à une partie de l’espèce humaine. Les plus âgés, (plus de 75 ans) les fragiles, ceux qui souffrent déjà de pathologies… Ceux-là se retrouvent en insuffisance respiratoire et ont une probabilité élevée de décéder dans les semaines à venir s’ils sont touchés par le virus.

Alors dans une réflexion « tout pour la vie », le gouvernement décide de confiner TOUT le pays. Une assignation à résidence pour l’ensemble des français… 100% des français sont enfermés, pour protéger 10%, dont le « reste à vivre » est de 10 ans, 15 ans dans le meilleur des cas. Si vous relisez le papier « Place aux jeunes » vous aurez tous les chiffres et le reste à vivre est en fait bien moindre… mais bon. Je vise large pour ne pas être trop méchante !!!

Punition collective sans cadre légal

100% des français sont assignés à résidence sans aucun cadre légal. Le 16 mars, la décision de confinement de la population n’est encadrée par aucun texte juridique. Il faut attendre le 24 mars, pour que l’état d’urgence sanitaire soit décrété, légalisant alors l’enfermement du 16. Cf: Confinement : le débat interdit 

100% des français sont assignés à résidence avec comme message clé : la peur ! La peur de mourir, la peur de la contagion, la peur… et les médias qui nous montrent à grand renfort d’images terribles les malades obèses sur le ventre, râlant avec un tube dans la bouche !!!

100% des français sont assignés à résidence avec comme moyen : la répression. Les amendes plus dissuasives les unes que les autres, on ne va pas sur les berges de Seine, ou sur les plages, ni dans les parcs et forêts, etc. Et les médias qui nous montrent les vilains gendarmes et policiers qui sévissent !!!

100% des français entendent tout et son contraire : les enfants sont contagieux, pas contagieux ; on peut courir mais pas faire du vélo ou nager en eau libre… Vous connaissez par cœur, d’ailleurs, ça amuse bien la toile.

Punition … à vie ?

Alors maintenant revenons aux 90% des français… les autres.

100% des 90% des français sont assignés à résidence…

Une grande partie en chômage partiel : 11 millions de français !

Une autre partie en « travail à domicile en mode confiné » que par un abus de langage facile on a appelé télétravail. En télétravail : votre mari/femme n’est pas dans la maison (“Cheri(e) on mange quoi à midi ?”), vos enfants non plus (“Mamaaaaan, Papaaaaaa, ils sont où mes crayooooons ?”), vous avez organisé un espace de travail (pas la chambre, ou la cuisine (“Dis moi tu as bientôt fini, il va falloir faire manger les monstres… et moi aussi d’ailleurs j’ai faim !”), vous avez été formé et d’ailleurs vous avez négocié le temps de télétravail avec votre employeur (” Je sais il est 21 heures, mais j’ai été en call tout la journée… et j’en ai pour 5 minutes…”). Et accessoirement en télétravail, le soir… il y a le truc magique, sympa : le pot, le restau, la natation ou la séance de pilates…  la vie, quoi ! Là que néni, après le travail à domicile en mode confiné, il vous reste la télé confinée, la négo en mode confinée sur l’épisode 7 de la Casa de Papel versus la 7eme compagnie !!! Grandeur et décadence.

Pour 90% des français, dont le reste à vivre est de 1 à 86 ans, quelle est la perspective ? Licenciements, chomage, perte de chance, perte d’entreprise, faillite, détresse, suicide, plus d’impôts (il va bien falloir rembourser), plus de travail en mode dégradé… la liste est longue. Et le vrai bilan ne sera pas que économique. Il sera en terme de capital humain. Il sera lourd. Très lourd.

Il nous en falloir de la force pour vivre notre résilience. Car on la vivra ! Et je propose plus loin quelques pistes. Car loin de moi ce pessimisme ambiant !!!

Alors le problème, c’est que nos gouvernants ont commencé à comprendre (enfin, je le souhaite !!!) l’ampleur du désastre économique. Et que celui-ci est sans commune mesure avec le désastre sanitaire. Cependant, victime des décisions imbéciles prises à l’arrache le 16 mars, il ne peut que continuer à utiliser le mot peur avec l’arme coercition. C’est le biais d’engagement.

En effet, la situation est un immense dilemme. Soit il relance l’économie, à marche forcée, le 11 mai avec toutes les décisions contradictoires qui vont aller avec : l’école oui, mais pas toutes, pas les grands, mais les petits…etc. Soit il prolonge le confinement dans les zones dites rouges, mais avec le droit de se déplacer pour le travail, mais pas pour des vacances, et accentue le désastre économique en pilonnant la saison estivale. En gros, il est dans le bouillon !!!

Il faudrait quand même se rappeler la phrase « les femmes et les enfants d’abord » !!! A quoi pense-t-on quand un navire coule (si on a des canots !!!)… aux femmes et aux enfants. Non, on ne met pas les vieux en premier !!! C’est cynique. Mais c’est comme ça. Et là, nos gouvernants, ont juste rempli les canots avec les vieux… et laissés les jeunes, les femmes, les forces vives… dans le bateau en train de couler. Ils ont même ouvert les hublots et l’eau y rentre à gros bouillon !!!

Freiner pour repartir

Alors oui c’est un paradoxe, mais il va nous falloir freiner, alors que nous sommes à l’arrêt, pour prétendre repartir. Il faut commencer par repérer nos forces vives, leur ôter la peur, les doter d’écope et leur donner l’envie d’écoper(*) tous ensemble… alors qu’ils ont bien écopé ! (Il fallait la trouver celle-là !)

Depuis le 28 avril, et l’annonce d’un déconfinement par zone, par âge, par ici, par là… toutes les entreprises sont sur le pont. Comment faire, avec qui ? Qui reste en “télétravail” ? Qui revient sur le terrain ? Comment relancer la machine ? “Il va falloir mettre la surmultipliée…”

Nooooon. Pas la surmultipliée ! Stop. Posons-nous. Où en sont nos équipes ? Comment recréer le lien, la confiance, et se donner un projet collectif. Il va falloir lutter contre le message peur distillé depuis 2 mois par le gouvernement et éviter de faire comme lui en mode coercition ou contrainte. Alors Dirigeants, cadres, managers, prenez le temps de retrouver vos équipes. Purgez le grabuge fait par ces 2 mois de venin médiatique. Il y aura 3 temps à la reconstruction.

Temps 1 : la prescription, les recommandations, les exigences. Repérons l’ensemble des attitudes et comportements attendus. On en a assez entendu parler depuis 2 mois. On les connait tous… les gestes « barrières ». Si vous trouvez le geste barrière à la bêtise, soyez chic, partagez !!!

Temps 2 : l’adaptation. Transformez les contraintes en nouveaux codes et usages sociaux. On ne peut pas faire respecter les gestes barrières aux jeunes enfants ? Regardez les enfants chinois qui portent des chapeaux de 1 m d’envergure !!! Ils ont fabriqué leurs chapeaux rigolos et en font la compétition !

Pour nous adultes, aussi de nouveaux usages à mettre en place : pas de bises, pas de poignées de main… soyons créatifs et ludiques ! Cela ne veut pas dire s’ignorer !

Chacun dans sa structure peut faire travailler ses équipes et faire émerger l’intelligence collective pour adapter à la vraie vie les attentes sanitaires. Travaillons ensemble. Evitons les communications descendantes « c’est comme ça à partir de lundi 11 mai ». On voit bien que cela ne marche pas ! Cf la lettre des 300 Maires envoyé à Emmanuel Macron, le 3 mai.

Temps 3 : L’ajustement. Juin, juillet, août, septembre… et tous les mois qui suivront, nous serons dans l’ajustement. Nous procéderons à des modifications à la marge, nous ferons évoluer ce qui s’avèrera impossible, devenu inutile, ou contre-productif. Et si nous annonçons maintenant ce temps trois, nous inciterons à l’amélioration continue, et éviterons l’effet « girouette » auquel nous a bien habitué notre gouvernement.

Voilà quelques repères pour préparer le jalon du 11 mai, et non l’échéance du 11 mai. Question de sémantique.

Muriel qui cite Alain

Le pessimisme est d’humeur, quand l’optimisme est de volonté.

(*) Ecoper : Marine : Vider (un bateau) avec l’écope. Fam. Recevoir un coup, une punition.

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