Epidémie de COVID-19 : « Place aux Jeunes ! »

Certains conflits d’intérêts sont tellement évidents qu’ils sont parfois difficiles à voir

Combien de morts ? La litanie quotidienne du nombre de décès attribué à la COVID-19 rend mal compte que la maladie est en fait responsable de 10% du nombre des décès qui surviennent habituellement chez les personnes de plus de 65 ans.

  • La France compte 67 millions d’habitants dont 14 millions sont âgés de plus de 65 ans. Chaque année, environ 600 000 personnes décèdent dont 500 000 sont âgées de plus de 65 ans, soit 40 000 en moyenne chaque mois. Depuis début mars 2020, la COVID-19 a entrainé environ 15 000 décès (personnes décédées à domicile exclues) dont plus de 90% sont survenus chez des personnes de plus de 65 ans. Une mortalité de 4 500 décès en moyenne par mois représente ainsi environ 10% des décès attendus dans cette population. Dans le même temps, tout âge confondu, 6 000 décès en moyenne sont attribuables à la seule pollution de l’air, 6 000 au tabac et 3 400 à l’alcool.
  • En imaginant que la mortalité mensuelle de 4 500 décès reste constante et que l’épidémie dure 12 mois, le nombre total de décès attribué à la COVID-19 au bout d’une année serait de l’ordre 50 000 chez les plus de 65 ans, soit environ 2,5 fois moins que les décès par cancer ou par maladies cardiovasculaires. Chez les moins de 65 ans, le nombre de décès serait de l’ordre de 10 000 (10% de la mortalité habituelle), soit le 1/4 des décès par cancers et les 2/3 des décès accidentels. La mortalité chez les moins de 44 ans est pratiquement nulle (< 1/million).
  • Le bilan réel du nombre de décès dû à la COVID-19 ne pourra être établi qu’après la fin de l’épidémie et sur une période de référence. En effet, une fraction importante de la population qui décède actuellement par COVID-19 serait décédée de toutes façons d’une autre cause à court ou moyen terme (cf. plus bas « Qui décède ?). Il s’agit donc de bien distinguer la surmortalité due à la COVID-19, de la mortalité habituelle. En absence de tests systématiques, la mortalité par COVID-19 est de plus difficile à quantifier : elle peut être sous-estimée ou surestimée notamment si une fraction significative des décès de cause inconnue (plus de 50 000 par an chez les plus de 65 ans) est attribuée à tort à la COVID-19.

 

Qui décède ? Des personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie limitée

  • Fin 2015, 728 000 personnes fréquentent un établissement d’hébergement pour personnes âgées ou y vivent, soit 10 % des personnes âgées de 75 ans ou plus et un tiers de celles âgées de 90 ans ou plus. Huit sur dix sont accueillies en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les résidents sont de plus en plus âgés : la moitié a plus de 87 ans et 5 mois, contre 86 ans et 5 mois fin 2011. Les personnes accueillies en 2015 sont plus dépendantes qu’en 2011 : plus de huit sur dix ne sont pas autonomes. Près de 260 000 souffrent d’une maladie neurodégénérative.
  • La durée médiane des séjours se terminant par un décès est 2,6 années lorsque le résident était au domicile avant d’entrer en EHPAD et de 1,1 an lorsqu’il était en unité de court séjour.
  • Parmi les personnes de plus de 65 ans qui décèdent de la COVID-19, 80% ont plus de 75 ans.
  • La COVID-19, « un suicide collectif », déclarait le Pr J.F. Delfraissy, 71 ans, Président du Conseil scientifique COVID-19 auprès du ministère des solidarités et de la santé, sur Europe 1 le 07 avril 2020. Moins d’un décès de personnes âgées ou très âgées pour mille habitants attribués à la COVID-19 sur 12 mois, n’est évidemment par rien, mais cela peut difficilement être considéré comme « un suicide collectif ».

 

Qui gère la crise ? Des politiques, des médecins et des riches, mais surtout des personnes âgées !

Les politiques

  • La moyenne d’âge est de 62 ans pour l’Assemblée nationale et le Sénat.
  • Avec une moyenne d’âge de plus de 60 ans, les sénateurs sont les élus les plus âgés de la République française, et ont douze ans de plus que les députés (48 ans). Cette moyenne d’âge élevée ne diminue pas significativement avec le temps : elle était de 64 ans en 2014, de 66 ans en 2011, de 65 ans en 2008 et de 62 ans en 2004.
  • C’est parmi les élus locaux que l’on retrouve le plus de personnes âgées de plus de 55 ans. D’après Michel Koebel, seuls 4% des maires avaient moins de 40 ans en 2012, tandis qu’ils étaient 42% à avoir plus de 60 ans. Parmi les élus régionaux, 3% avaient moins de 40 ans et 55% plus de 60 ans.
  • L’âge médian des Français est de 40 ans, soit 20 de moins que nos parlementaires.

 

Les médecins

  • L’âge moyen des médecins inscrits à l’ordre est de 57,1 ans.
  • Près d’un médecin sur trois a plus de 60 ans, 47 % des médecins ont 55 ans ou plus (alors que c’est le cas de 18 % des cadres et professions intellectuelles supérieures) et 30 % ont 60 ans ou plus.
  • La limité d’âge des médecins qui accomplissent des vacations dans des établissements publics de santé ou dans des établissements sociaux et médico-sociaux dans le cadre d’un cumul emploi-retraite a été portée à 72 ans jusqu’en 2022. (Atlas démographie médicale en France 2018)
  • Il n’est guère étonnant que les membres de l’Académie Nationale de Médecine, dont l’âge moyen est probablement assez proche de celui d’entrée en EHPAD, soient les plus vindicatifs à vouloir imposer à l’ensemble de la population des mesures coercitives draconiennes.

 

Les riches

La tranche d’âge la plus aisée est celle des 60-69 ans : son revenu mensuel moyen par personne, de 2 276 euros est de 34 % supérieur à celui de la génération des 20-29 ans (1 702 euros par mois en moyenne), selon les données 2013 de l’Insee. L’écart est également significatif (+ 21 %) avec la tranche d’âge des 30-39 ans (1 886 euros). Phénomène nouveau : la baisse du niveau de vie avec l’âge ne se produit plus en moyenne à 60-69 ans, mais à 70-79 ans.

 

Quels coûts sociétaux et économiques de la stratégie de confinement actuelle ?

  • Le 9 avril 2020, les prévisions étaient une perte de 60 milliards d’euros par mois de confinement, une chute de 18 % de la consommation des ménages, un chômage partiel qui pourrait concerner 5,7 millions de salariés.
  • Comme attendu, les conséquences sociétales indirectes lié au confinement de longue durée sont majeures pour ceux qui ne sont pas encore en EHPAD et notamment pour les moins de 65 ans (pertes d’emploi, faillites, suicides, absence de suivi médical correct, stress, divorces, violences familiales, aggravation des inégalités sociales, recrudescence de troubles psychiatriques, etc.) ; il semble par exemple qu’il y ait une réduction de 50% des consultations pour accidents vasculaires cérébrales et infarctus du myocarde, de dépistage de cancers, etc… Cela signifie une prise en charge absente ou retardée de ces malades qui augmente leur risque de décès et de séquelles. Ainsi, la possibilité d’une surmortalité significative chez les moins de 65 ans, sans facteur de risque, due à d’autres causes que la COVID-19 ne peut être exclue.

 

Quelle stratégie pour quels objectifs ?

Au total, la stratégie actuelle du confinement maximal, liberticide et prétexte à l’instauration de pas supplémentaires vers l’autoritarisme entraîne un quasi-arrêt du fonctionnement de la société. La logique d’une stratégie visant à prendre en charge les personnes âgées dont la qualité de vie est médiocre et l’espérance de vie brève au détriment de la population jeune chez laquelle l’infection par le SARS-CoV-2 est soit inapparente soit peu symptomatique est difficile à comprendre, possiblement contre-productive et d’une éthique discutable.

Pourquoi ne pas demander aux personnes malades de rester chez elles ? Ce que chacun d’entre nous faisons habituellement sans qu’on nous le demande. Pourquoi ne pas recommander aux seules personnes âgées et à celles qui ont un facteur de risque de forme sévère de COVID-19 de rester chez elles ? On le demande régulièrement aux enfants et aux sportifs lors des pics de pollution au lieu de gérer la pollution atmosphérique qui est pourtant responsable d’un nombre bien supérieur de décès.

 

Un suicide collectif sociétal, oui, un suicide collectif sanitaire, non

La crise actuelle, initialement sanitaire et d’ampleur modérée est devenue sociétale et majeure, par la grâce d’une gérontocratie, qui en représentant non pas les plus sages d’entre nous mais les plus nombreux et les plus favorisés, cherche naturellement et avant tout à se protéger elle-même.

 

Conclusion : Place aux Jeunes !

 

Sources

https://www.santepubliquefrance.fr/;

https://insee.fr/fr/accueil

https://academic.oup.com/cardiovascres/advance-article/doi/10.1093/cvr/cvaa025/5770885  https://academic.oup.com/eurheartj/article/40/20/1590/5372326

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/etudes-et-resultats/article/728-000-residents-en-etablissements-d-hebergement-pour-personnes-agees-en-2015

https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-niveau-de-vie-selon-l-age?id_theme=21

https://www.la-croix.com/Economie/France/Limpact-economique-Covid-19-trois-chiffres-2020-03-30-1201086985

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