« J’ai perdu ma grand-mère mercredi du Covid19, et dans un epadh » me dit ma gentille voisine du 7 de la rue. « Zut. Désolée pour toi… Comment tu vas ? » « Le plus triste c’est de savoir qu’elle est partie seule… qu’on ne pourra pas lui choisir sa robe et qu’on ne pourra pas lui mettre des fleurs… parce que les fleuristes sont fermés. »

« Les fleuristes, oui. Mais pas nos jardins ! Passe on va trouver des trucs… »

Entre temps je croise le voisin du 9 et je lui dis la triste nouvelle, et qu’on va couper des fleurs dans le jardin pour la mamie de G. en gardant nos distances.

« Si tu veux j’ai du Bolduc violet pour les gerbes… et les papiers cello qui va bien. Je te les pose devant ta porte ce soir. Fais lui une bise distancielle ! »

Alors ce matin, je croise le maraîcher en bas… et je lui demande si je peux entrer sur son terrain pour du lilas pour la mamie de G. qui est enterrée aujourd’hui « Oh, oui bien sûr, prenez tout ce que vous voulez… et venez là, j’ai du lilas de deux couleurs… oh, mais c’est une saloperie ce « conarovirus » !!! » Je ne sais pas s’il l’a fait exprès mais j’ai souri.

Et puis j’ai coupé du lilas rose, du lilas violet. Dans mon jardin, quelques branches de cerisier japonais. Deux feuilles de palmier. G. est montée pour couper des fleurs d’oranger et du forsythias jaune !

On a récupéré le bolduc.

Ils sont jolis les bouquets.

Les fleuristes sont fermés.

Mais pas nos jardins.

Encore moins nos cœurs dans cette rue.

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