Il était une fois une grippette… un truc lointain, sur un autre continent bien loin de nous…. Où été comme hiver les autochtones portent des masques. Un médecin, « I am a poor lonesome doctor » essaye de prévenir que quelque chose part en cacahuètes… des hommes, des femmes, meurent. « Tais toi, tu vas porter la poisse… », « ce type veut se faire mousser… » ou « il est contre nous et veut alimenter un je ne sais quoi d’hostile. » Ce truc qui part en cacahuètes, finalement on en parle un peu en Europe. Mais cela reste un truc lointain, qui touche ceux qui mangent des chats, des chiens à Yulin, ou des pangolins… Alors, si nous les regardons d’un œil dédaigneux, et si nous leur octroyons quelques minutes dans des journaux, nous ne prenons pas la mesure de ce qui se prépare. Et le Poor Lonesome Doctor… meurt. Le Dr Li Wenliang. Et bien, nous voilà dans la classique phase 1 de la crise. La sous-estimation des signaux faibles.

Normalement, nous en sortons quand on change la place du i. De signaux faibles, nous passons à signaux fiables ! Février, jusqu’au 15 mars. Oui, il y a des morts, mais que des personnes âgées, oui on évite les grands rassemblements, mais on peut quand même voter. C’est la phase 2 : l’alerte. On se rend compte qu’on prend un peu de retard, mais quelque chose nous empêche d’accélérer et de gérer vraiment la situation. La peur de trop en faire, de passer pour un psychotique… etc. Une femme a su faire face à cette phase 2, mais c’est aujourd’hui que nous lui rendons hommage et qu’elle a la victoire discrète : Roselyne Bachelot qui lors de la crise du H1N1, a vu venir les fameux signaux fiables et a commandé les vaccins… Mais la chance était (ou pas c’était une question de point vue !) avec elle : c’est le meilleur des scenario qui s’est produit : il fallait 1 dose de vaccin et le virus s’est atténué !!! Mais si… si, si comme aujourd’hui le virus ne s’était pas atténué : elle aurait été la reine de la gestion des crises. Elle a été conspuée ! Aujourd’hui, en regardant la gestion de la crise par nos dirigeants, nous ne pouvons que constater retard, incongruence, incohérence etc. Et Roselyne, merci. Enfin, tout le monde s’accorde à dire que vous aviez pris les bonnes mesures !!!

La phase 3, c’est le point de ponctuation de la crise. 17 mars : confinement. Avec, oui on confine, mais on fait du sport et avec toutes les dérogations… Colère, panique, virées punitives dans les grandes surfaces. Elle dure 3 à 7 jours… on a vu des trucs fous : des gens se battre en France pour du PQ et des Lustucru !!! Et les médias H24… no comment !

La phase 4 est celle que nous vivons en ce moment. La routine d’un confinement durable… Normalement nous devrions nous installer dans ce confinement, avoir trouvé nos marques et organisé travail, famille. En reconnaissant que c’est très compliqué pour les familles dans des espaces restreints, les familles dysfonctionnelles, etc. Mais cette phase, nous y sommes. Ce qui rend ce moment compliqué est l’ensemble des messages contradictoires reçus. 27 mars : reconduction du confinement jusqu’au 15 avril. Mais on peut courir, mais plus en couple, marcher mais ne pas faire de vélo… sortir son chien… et le 3 avril : Prise de parole du 1er ministre pour expliquer les potentielles modalités du déconfinement ! Comment voulez-vous qu’on reste mobilisés sur le confinement, quand direct on nous dit comment on va en sortir ! Et ce soir, 7 avril j’hallucine en écoutant les infos : La Maire de Paris interdit le jogging de 10h00 à 19h00… et dans la foulée (oui oui !!!), idem dans les Yvelines. Ah ça c’est cool, comme ça : On va aller courir en même temps que les copains : avant 10h00 ou après 19h00, et au moment où ceux qui bossent partent au travail où en reviennent !!! Mais on est sur la tête !!! Soit on veut laisser courir (ce qui est débile !!! Et c’est une marathonienne bigorexique qui vous écrit !!!) et alors on impose des créneaux avec contrôle en ligne : je dois m’enregistrer pour courir et un algorythme me dit si dans mon quartier c’est jouable. En gros je réserve mon créneau de course en fonction de mon quartier… soit on interdit la course !!! Et ne me dites pas que ce n’est pas possible, puisqu’on est en train d’envisager de géolocaliser les personnes atteintes pour tracer les contacts ! Mais dire aux gens : restez chez vous, mais si vous voulez courir allez-y (tous ensemble mais avec un mètre de distance !!!) avant 10h00 ou après 19h00 !!! Pfff… pas de mots ! Et bien moi je suis contente d’avoir fait mon jogging cet après-midi à 16h00 !

Au-delà de ces décisions débiles, la difficulté de cette phase 4 est l’INCONNU de sa durée. Et là j’adresse un message aux chefs d’entreprises et managers. Vous avez organisé le travail, distribué les PC portables, géré le chômage partiel. Vous entrez dans le moment du lien. Que veulent vos équipes, collaborateurs ? Comment entretenir le sentiment d’appartenance… Comment faire face au fait que certains vous livrent leur intimité malgré eux : look du bureau ou de la chambre, famille, compagne ou compagnon… Comment accueillir votre intimité dans ce télétravail ? Le gamin qui arrive dans la ZOOM CONF, mon Jimmy chien qui course le chat du voisin, la vision que vous avez de mon UPIL (Unité de Production d’Idées Lucratives, donc mon bureau avec mon flamand rose qui clignote dans un coin !!!)  Comment prendre soin de ce lien sans intrusion dans la vie privée, comment donner du sens dans l’incertitude, comment maintenir l’esprit d’équipe sans la communication spontanée à différencier de la communication informelle. La communication spontanée c’est le collègue croisé dans le couloir à qui on dit le bon mot, à qui on donne une info… là nous prévoyons les Conf Call… la spontanéité se perd évidemment ! Et avez-vous prévu les mauvaises nouvelles… un collègue malade, ou pire… qui ne reviendra pas… comment le savoir, comment l’annoncer… comment gérer la suite ? Et quelle suite ? Voilà la phase dans laquelle nous sommes. La phase durable de l’incertitude et de la routine… de l’espoir et du doute. C’est le moment de maintenir, entretenir le lien, la confiance. Ne lâchez pas vos équipes, vos sous -traitants (Private message aux cabinets de formation pour lesquels j’interviens !)… parlez-leur. Et d’autres chose que de boulot, légal, slides… Parlez projets, mobilisez les synergies, créez des groupes de paroles, des groupes créatifs. Faites de cette période une aventure collective et non une punition collective. Pariez sur vos hommes et femmes… au lieu de parier sur l’argent que vous économiserez. Posez-vous la question… quel est le but ? Ou aller ensemble ?

La phase 5 sera le retour progressif… on ne sait pas quand, pas comment… avec qui ? Il faudra le préparer. Anticiper le retour erratique, des effets rebonds, des motivations et démotivations. Ce sera aussi une phase durable…

La phase 6 : un quotidien… surement différent de celui que nous connaissions en (20)19 sans Covid. Il y aura les anniversaires et les effets rebonds… On en parlera.

Voilà un « vous êtes ici… » au 7 avril. C’était un peu un billet d’humeur vous l’aurez compris… mettez votre réveil si vous voulez courir… et surtout pensez à encourager tous ceux que vous croiserez ! Ils seront sans doute plus nombreux qu’hier… mais pensez à garder un mètre de distance.

 

 

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