Hier, nous parlions des biais liés au temps, qui nous font prendre des décisions pas forcément bien opportunes… ou nous empêchent de revoir notre point de vue. Aujourd’hui concentrons-nous sur les biais liés… à nous ! Non je ne vous propose pas une thérapie en ligne, mais une petite prise de recul sur nos façons de faire !

Les biais liés aux groupes et aux personnes

Le biais de conformisme (ou biais de consensus) a été défini par le psychosociologue Roger Mucchielli. Il consiste en une attitude sociale de soumission aux opinions, règles, normes, modèles ou système de valeurs d’un groupe auquel on a adhéré. L’individu sous emprise du biais de conformisme néglige ou change ses opinions. Salomon Asch, également psychologue, explique ce biais  par la volonté inconsciente de l’individu d’éviter le conflit et pire, le rejet par la tribu. Cette attitude de “suivisme” est consciente. L’individu sait qu’il pense différemment, voire qu’il a raison… mais refuse de s’opposer.

En situation de crise, ce biais de conformisme peut avoir de terribles conséquences. En effet, si tout un groupe envisage certaines options et un seul individu pense autrement, et à juste titre, alors les mauvaises options du groupe seront retenues. Si en plus vous ajoutez la pression de lobbyistes, la prise de décision « rationnelle » devient plus que compliquée !!! Il semble que le Pr Raout ne soit pas touché par ce biais… est-ce un bien ou un mal ? Peu importe ! Car avec sa « gueule » libre il fait accélérer la réflexion et chatouille ceux qui, sans le vouloir, seraient victimes de ce travers.

Le biais d’auto-complaisance a été défini par Dale T. Miller et Lee Ross (1975). Il désigne la tendance à s’attribuer la raison de ses réussites (causes internes) et attribuer aux autres (personnes ou contexte) celle de ses échecs (causes externes), afin de maintenir une image de soi positive. En clair, je réussis grâce à moi et j’échoue à cause de toi !!! Cela vous dit quelque chose dans les couples ? C’est pareil !!! Mais c’est plus souvent Monsieur qui est victime de ce biais, n’est-ce pas, les amies ??? Surtout dans la voiture, quand on est co-pilote orienteur !!! Lol. 

En situation de crise, un événement bien géré le sera donc grâce à la mobilisation de tous, à l’expertise des équipes… etc. Et les dérapages seront le fait des médias, du web, des témoins qui racontent n’importent quoi !!! C’est dingue, comme, vue sous cet angle, la gestion de crise devient… moins simple !!!

Le biais d’engagement est celui que nous vivons lorsque nous avons attendu 15 minutes notre bus et que nous hésitons à attendre encore plus ou à marcher au risque qu’il nous double alors… dans de nombreux cas, nous allons attendre. Alors que franchement… Ce biais d’engagement est celui qui fait que lorsque une décision a été prise et mise en application, les effets produits (ou non, mais ils vont se produire !) nous incitent à poursuivre dans le même sens, sans remettre en cause la décision de départ. Qu’est-ce qu’on a comme difficulté à faire marche arrière ! Le « oui, je sais… mais il va changer !!! Tu comprends je n’ai pas tout ça pour rien… ». Et bien si. Et il faut t’y résoudre !!! Et après on pourra toujours dire “oui, bien sûr je le savais, mais je voulais quand même vérifier…” On appelle ça le biais de pirouette !!!

Au sein de la cellule de crise, lorsque nous avons décidé de ne pas tester, ou de tester, de confiner ou de ne pas confiner, on a un mal fou à changer. Enfin, dans notre cas c’est plus compliqué puisque toutes les décisions qui sont prises ont tellement d’étoiles et de cases dérogatoires que le biais d’engagement à un peu de mal à se manifester !!!

Bonne soirée #Happyconfin’ #Jour10

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