Les biais cognitifs en situation de crise

En situation de crise, il est fréquent de voir des décisions prises vite, mal et contredites ensuite par de nouveaux éléments. Pourquoi est-il si difficile de décider en situation de crise ? Sans doute parce que nous faisons face à ces trois paramètres que sont l’urgence, l’émotion et l’incertitude dont nous parlons depuis le début, et bien présents avec ce Covid19.

Mais aussi sans doute parce que sous stress notre beau cerveau humain est capable de la pire des trahisons… il est victime de biais, dits cognitifs.

Et nous admettrons sans réserve cette approche des biais, afin de nous dispenser d’une approche plus radicale, qui mettrait sur le compte de l’égo, de la mauvaise foi ou du bricolage, la gestion de la crise !!!

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Les biais cognitifs ont été mis en évidence en 1972, par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky, (oui je suis sérieuse là !!!). Ils ont démontré de manière systématique que la prise de décision ne s’appuie que partiellement sur la pensée rationnelle et le raisonnement. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite et involontaire… C’est bien connu !!!

Ils remettent alors en question la théorie du choix rationnel. Et pourtant la pratique du doute rationnel est une nécessité en situation de crise, mais nous y reviendrons !

En pratique, un biais cognitif est une routine (facilité) de raisonnement, de jugement, ou de perception, qui amène une personne ou un groupe, à prendre la mauvaise décision dans certains contextes. Il s’agit d’une erreur du traitement de l’information. Aie !!! (Note personnelle à mes amies : les biais s’appliquent aussi dans les relations amoureuses !!!)

Les biais sont relativement stables (nous faisons les mêmes erreurs régulièrement) , inconscients et présents dans de nombreux domaines comme la médecine, le management, les finances, … et la gestion des risques ! (Note bis : je vous l’ai dit… les relations amoureuses aussi !!!) Ouille, ouille, ouille !

Les biais sont nombreux et j’en ai retenu certains et classés en 3 catégories[1] : les biais liés au temps, aux acteurs et aux groupes, et à l’événement.

Le biais rétrospectif est une erreur de raisonnement consistant à estimer, a posteriori, qu’un événement était probable ou prévisible, alors qu’il ne l’était pas a priori sur la base des informations alors disponibles. Le biais rétrospectif ramène dans le passé des éléments non disponibles alors et apparus après.

Conséquence : le biais rétrospectif sera source de critiques de la part des témoins des décisions des dirigeants. Il faut donc assumer cette prise de décision et savoir expliquer en quoi une autre option n’était pas envisageable à ce moment-là.

C’est dingue quand même comme on a pu reprocher à Roselyne Bachelot son achat de millions de vaccins, alors que c’est après la commande qu’on a eu toutes les informations sur la séroconversion des personnes vaccinées et la durée de la protection !!!… et aujourd’hui on reproche à nos dirigeants de ne pas avoir anticipé. On a la mémoire courte !!! (Les filles, vous savez c’est le : “je n’aurais jamais du lui céder… en fait je le savais depuis le début… mais bon… ” Rires !!!)

 Le biais de récence consiste à traiter comme prioritaires les informations arrivées en dernier et à négliger, de ce fait, le contexte général et les premières informations.

Conséquence : ce biais a pour conséquence de voir, par exemple, la fin de la crise trop tôt. Et de négliger de nombreux paramètres émotionnels ou médiatiques : le focus étant mis sur les derniers résultats obtenus.

Le risque avec le Covid19, est de penser que la crise est gérée en Chine parce qu’il n’y a pas de cas nouveau depuis hier. Attention à ne pas faire Cocorico trop vite chez nous avec la Chloroquine… par exemple, ou d’autres bonnes nouvelles… qu’on espère tant !!! (Et pour nous les filles, c’est quand on dit à à notre meilleure amie “oui bien sût il y a un mois je t’ai dit que ça ne durerait pas, mais là tu comprends, il est tellement gentil depuis 15 jours… !!!)

Le biais de primauté au contraire consiste à accorder plus d’importance à la première information reçue au sujet d’un événement, à évaluer la situation à partir de ce premier élément et négliger ceux reçus ultérieurement. Il est aussi le résultat d’une première évaluation de la situation, qui ne peut pas être contredite ensuite. La raison ?  La peur de s’excuser, l’orgueil ? Ca se résume, souvent, en 3 lettres : EGO !!!

 Conséquence : le biais de primauté invite à se focaliser sur un premier élément déclencheur et à négliger ensuite l’évolution de la situation. Par exemple : je pense que la situation n’est pas si grave et je suis en difficulté ensuite pour en voir l’aggravation… Alors, là je pense que nous y sommes. La fameuse grippette… et du coup, on reste sur une stratégie léthargique dans la gestion de la situation et il faut des alertes à répétition des personnels soignants pour qu’on en prenne la mesure… et j’ai encore un doute quand je vois encore des guguss faire leurs initiation/découverte du jogging depuis le 17 mars 2020. (Et pour nous les filles… c’est quand on reste sur notre coup de foudre du départ… alors que franchement on compile les déceptions… on est lucide, archi lucide… mais on ne veut pas, quoi ? Perdre la face ? Tsss… )

 Voilà ma petite contribution du jour… Happyconfin

Demain vous aurez sans doute les biais liés aux acteurs

[1] Pour en savoir plus sur les biais cognitifs : « Choices, Values and Frame », de Daniel Kahneman, ou « C’est vraiment moi qui décide ? » de Dan Ariely.

PS : Messieurs… vous aussi vous pouvez être victimes de biais cognitifs… Si, si !!! Je vous assure. Rires ! #Mauvaisefoi !!! Rires

#Happyconfin’ #Sauvezdesvies #Restezchezvous

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