Tout va bien, vraiment ! Il fait un temps superbe et même confinée comme vous, je n’arrive pas à faire tout  ce que je dois, veux, peux faire… mais comment je fais ?

  • D’habitude, je consacre 2 heures par jour à marcher avec mon chien Jimmy sur les berges de Seine, et plus encore le WE car nous allons chaque samedi et chaque dimanche en forêt… Confinement oblige, mon pauvre Jim dispose désormais de 2 sorties de 30 minutes… autour de la maison… Donc j’ai gagné 1 heure en théorie.
  • D’habitude, je passe 2 heures par jour dans les transports en commun (ça c’est quand tout va bien !)… Inutile de dire que j’ai gagné 2 heures précieuses.

Solde intermédiaire : 3 heures.

  • D’habitude, je fais 1 h15 de natation tous les 2 jours en gros… donc, je gagne 1h15… et les 30 minutes de trajet et deshabillage.

Solde intermédiaire : 5h00, à la louche. On ne va pas chipoter en plein confinement pour 15 minutes !!!

  • Et d’habitude, je travaille comme beaucoup… quelques heures dans la journée, en gros, 7h00… et 9 heures de présence chez les clients.

Solde : 14h00

Je dors… 7heures…

Solde 21h00… Le reste c’est la déperdition habituelle, les interruptions, les zouilles.

Alors comment je fais pour avoir l’impression de manquer de temps pendant ce confinement contraint en ayant mon activité professionnelle à zéro (oui, 100% d’annulation des formations, report des médiations etc !), plus de déplacements, moins de balade de Jim, etc ?

Petit bilan. Introspection de la gestion de mon temps en confinement.

  • Constater que ta caméra t’a lâchée en J1 du confinement ! Karma !
  • Faire le point de la créativité des internautes sur le sujet du moment : lire, rire, faire passer aux autres copains…au moins 30/45 minutes par jour ! Ça fait du bien. Pas envie de supprimer.
  • Tester les classes virtuelles et autres dispositifs : Au bas mot 1 heure par jour, parfois 2 quand les solutions sont vraiment nulles !!! Et là, tu te rends compte quand même de la perversion des gus qui inventent des solutions en ligne susceptibles de te rendre plus efficace à distance… mais radicalement dingue chez toi !
  • Chercher à supprimer tes comptes sur les applis nulles, ne pas trouver, ramer, recommencer, redémarrer trois fois ton ordi, et finir par appeler ton ex (qui lui est un super pro !!!) sur le thème : “dis-moi tu ne voudrais pas m’aider… je suis en rade pour la 21ème fois depuis 15 jours… etc. “
  • Apprendre par ton ex que ta sœur (confinée en Catalogne) l’a appelé… parce que ton papa a dit à ta sœur “appelle Thierry, c’est un pro !!!” Donc, c’est vraiment un pro…
  • Brancher TeamViewer, lui laisser la main, rester quand même devant l’ordi pendant qu’il gère la solution en question… 1 h !!! Le remercier chaudement !
  • Pendant ce temps jouer avec Jimmy qui aimerait bien des balades plus longues… Chercher le lapin sous le canapé !
  • Rechercher une nouvelle appli… télécharger le truc. Ne pas trouver où ça s’est téléchargé… me dire que j’appellerai demain mon expert (alias mon ex !), parce que quand même, deux fois dans la journée, c’est gonflé !
  • Trouver un wa de Marc qui a pris le temps de livrer une webcam, accrochée à la porte de la maison… gestes barrières… On teste, ça marche pas. On met TeamViewer… et ça marche !!! Lui aussi un pro !
  • Animer la séance de HIIT avec Etienne, Dom, et Patrick en ligne sur wa. Rire de nos adbos… et surtout du « attends, je mets mes lunettes, tu peux remontrer le mouvement ? » ou « ouh là 15 secondes de pause, c’est pas beaucoup !!! »passer une heure à suer dans le salon, avec la boite de haricots, deux oranges et un manche à balai comme accessoires ! Si, si je vous promets ! Je passe la séance à qui en fait la demande !!!
  • Prendre 5 secondes pour envoyer un sms à Mumu des Etoiles, Claire ma complice de toujours, Nicolas le Photographe, Marc le Commandant, Lionel le Rugbyman, Monique la nounou de Jimmy, Claudine la prof engagée, Gael et Stéphanie les Triatlètes, Cyrille mon coach de nage… Marie-So, Olivia et Rolande les top coachs, Isa la merveilleuse médiatrice, Nico le Luxembourgeois, Didier l’ami d’enfance, Junior, Stéphane le Jurassien, Les petits suisses Guys et Dietrich, Sab et Hugo…
  • Papoter 15 minutes avec Régis qui travaille dans un EPAHD… épuisé.
  • Faire le point sur la « situation du monde » avec Ariane !!! Parler d’Antoine… Rire de nous, des autres, réfléchir à être plus intelligentes et alignées encore demain !
  • Chercher comment obtenir la fameuse aide de l’état pour les micro entreprises, bla bla, aller sur le site impots.gouv/espace-pro… pour lire qu’il faut aller sur espace-particulier… valider avec ton siren… mais la déclaration de perte de chiffre sur la base de quoi… la facturation en cours ou le CA encaissé ? Parce que nous les indépendants on encaisse en mars ce qu’on a facturé en janvier… pitête qu’ils zont pas pensé à ça… les #pointgouv’.
  • Appeler la comptable qui est géniale, mais qui ne sait pas… et recommande d’attendre avant de valider un truc #pointgouv’ parce que forcément ça va buguer !!!
  • Cuisiner, je n’aime pas ça mais ça occupe… 30 minutes. Bon, là j’ai peu de temps à gagner. En même temps, mon adorable voisin Antonio m’a offert des radis, 3 kg de carottes, et 2 kg de poireaux… donc ça va prendre un peu plus de temps !!!
  • Ranger mes placards (1 placard par jour… private joke pour Philippe !!!) : oups… trier les vêtements pas mis depuis 2 ans, les chaussures. Les mettre dans un sac. Descendre le sac dans l’entrée. Réorganiser les tiroirs et placards.
  • Laver la maison de fond en comble. J’ai commencé. Rdc fait. 1er étage à venir. Mais bon, je ne vais pas le refaire dix fois ! Pas de gain réel.
  • Gérer les annulations des épreuves : Gravity race, le swimrun est annulé ! Dommage. Prévenir Emmanuelle.
  • Suivre les éventuelles nouvelles de Opodo qui devrait me rembourser mon Vol Paris/Palma… mais qui continue de m’envoyer ses pubs de merde. Penser à résilier Opodo Prime.
  • Guetter une nouvelle du remboursement de mon stage de nage à Majorque. Stage annulé… là, je crois que je rêve. Jamais vu plus nulle gestion de crise et relation client. Pas prête de repartir avec eux !!!
  • Passer devant le sac de vêtements triés et me dire « ah, non, ça quand même, j’aime bien… je vais le garder. Allez, je lui donne une vie ! » Remonter le vêtement. Le poser dans la chambre… je rangerai ce soir en allant dormir.
  • Laver les affaires de sport, tous les jours !!! C’est la machine qui bosse, donc pas d’économie possible. Étendre.
  • Répondre au client qui demande une relecture d’un communiqué. Il est top ce client…
  • Appeler Olivier qui sort du Covid… recommencer à rire ensemble. Et bosser. Et rire…
  • Chercher des nouvelles idées de séances de HIIT… oui, ça prend du temps mais c’est sympa ! Pas envie de supprimer ! Et il y a un bénéfice physique évident. Et amical… encore plus !!!
  • Faire la séance de Vélo avec Patrick et envoyer le rapport à Guy et ses copains !!! Penser à en parler à Laurent mon pote de Sartrouville Triathlon (Tiens on ne les entend plus ceux-là ! Silence radio sur les ondes !!! Fin du débat ??? Private message pour ceux qui se reconnaîtront !) Réfléchir à renouveler ou pas ma licence…
  • Repasser devant le sac de vêtements et me dire… « Oh, mais c’est chouette ça. J’ai du me tromper en le mettant dans le sac… » et remonter le vêtement et le poser sur le premier, pour le ranger avant de dormir.
  • Mettre à jour mes sites Internet… peu de temps à gagner ! Et c’est vital pour la reprise.
  • Regarder les derniers gags des copains sur wa ! Rigoler, faire suivre…
  • Réfléchir au sommaire de mon prochain livre… c’est important. J’ai plein d’idées… la carte mentale prend forme.
  • Prendre des nouvelles de 3 amis par jour, par téléphone ! Rester une heure au téléphone avec Raymond… pendant que les épisodes 5 et 6 de la Casa de Papel défilent. Je n’ai jamais trouvé comment interrompre la diffusion depuis la tablette vers la télé, via Chromecast. Penser à demander à Thierry (mon expert !!!)
  • Avancer la Casa de Papel sur recommandation de Patrick ! Pas envie de zapper !
  • Préparer mon billet pour le blog (sinon Caro et Frédéric s’impatientent !!!)
  • Et répondre à mes clients… surtout pas envie de cesser, je travaille quand même, malgré les apparences. Les chouchouter, leur dire combien je pense à eux…
  • Repasser devant le sac… “ah zut, mais je l’adore ce truc !!!” sortir le sweat, le mettre sur la rampe de l’escalier, en attendant de le monter.
  • Sortir Jimmy… en écoutant Inter, rentrer. Constater que Jimmy le Pignouf s’est baigné, puis ébroué juste devant les murs blancs… lavés hier ! Me dire que j’ai le temps. Je repasserai une éponge plus tard.
  • Laisser un message à Patrick. Il a perdu un ami ce soir. Il est triste. Très triste.
  • Préparer une offre pour un nouveau client, brainstorming avec Olivia…
  • Faire un test ZOOM avec papa et maman devant une bière à distance… Décider d’utiliser ZOOM samedi prochain avec une nièce confinée en Angleterre, un frère et sa famille confiné à Tokyo, une sœur confinée en Catalogne, et les parents confinés à Boulogne !
  • Finir mon billet… et voilà… 21h15. Chercher une image pour l’illustrer. Constater que j’ai couru 1 km dans mon salon ce midi !!!
  • J’ai le sourire aux lèvres ce soir.  Depuis que je suis gosse le mot ENNUI n’est JAMAIS entré dans mon dictionnaire. Un certain Corona a bien tenté de lui faire de la place… mais c’est NO WAY !!!
  • J’ai le sourire aux lèvres ce soir. Car malgré la distanciation sociale je vous sais là.
  • J’espère que vous aurez le sourire aux lèvres ce soir… que vous savez que je suis là.

Merci à tous.

C’était une journée de confinement… #Jour15

Et pourtant je bosse !

PS : Et plus je reste devant ce blog, plus j’ai envie d’ajouter une ligne, et une autre. Alors il y a sûrement des prénoms absents de ce billet. Qu’ils ne doutent pas que je pense à eux.

Hier, nous parlions des biais liés au temps, qui nous font prendre des décisions pas forcément bien opportunes… ou nous empêchent de revoir notre point de vue. Aujourd’hui concentrons-nous sur les biais liés… à nous ! Non je ne vous propose pas une thérapie en ligne, mais une petite prise de recul sur nos façons de faire !

Les biais liés aux groupes et aux personnes

Le biais de conformisme (ou biais de consensus) a été défini par le psychosociologue Roger Mucchielli. Il consiste en une attitude sociale de soumission aux opinions, règles, normes, modèles ou système de valeurs d’un groupe auquel on a adhéré. L’individu sous emprise du biais de conformisme néglige ou change ses opinions. Salomon Asch, également psychologue, explique ce biais  par la volonté inconsciente de l’individu d’éviter le conflit et pire, le rejet par la tribu. Cette attitude de “suivisme” est consciente. L’individu sait qu’il pense différemment, voire qu’il a raison… mais refuse de s’opposer.

En situation de crise, ce biais de conformisme peut avoir de terribles conséquences. En effet, si tout un groupe envisage certaines options et un seul individu pense autrement, et à juste titre, alors les mauvaises options du groupe seront retenues. Si en plus vous ajoutez la pression de lobbyistes, la prise de décision « rationnelle » devient plus que compliquée !!! Il semble que le Pr Raout ne soit pas touché par ce biais… est-ce un bien ou un mal ? Peu importe ! Car avec sa « gueule » libre il fait accélérer la réflexion et chatouille ceux qui, sans le vouloir, seraient victimes de ce travers.

Le biais d’auto-complaisance a été défini par Dale T. Miller et Lee Ross (1975). Il désigne la tendance à s’attribuer la raison de ses réussites (causes internes) et attribuer aux autres (personnes ou contexte) celle de ses échecs (causes externes), afin de maintenir une image de soi positive. En clair, je réussis grâce à moi et j’échoue à cause de toi !!! Cela vous dit quelque chose dans les couples ? C’est pareil !!! Mais c’est plus souvent Monsieur qui est victime de ce biais, n’est-ce pas, les amies ??? Surtout dans la voiture, quand on est co-pilote orienteur !!! Lol. 

En situation de crise, un événement bien géré le sera donc grâce à la mobilisation de tous, à l’expertise des équipes… etc. Et les dérapages seront le fait des médias, du web, des témoins qui racontent n’importent quoi !!! C’est dingue, comme, vue sous cet angle, la gestion de crise devient… moins simple !!!

Le biais d’engagement est celui que nous vivons lorsque nous avons attendu 15 minutes notre bus et que nous hésitons à attendre encore plus ou à marcher au risque qu’il nous double alors… dans de nombreux cas, nous allons attendre. Alors que franchement… Ce biais d’engagement est celui qui fait que lorsque une décision a été prise et mise en application, les effets produits (ou non, mais ils vont se produire !) nous incitent à poursuivre dans le même sens, sans remettre en cause la décision de départ. Qu’est-ce qu’on a comme difficulté à faire marche arrière ! Le « oui, je sais… mais il va changer !!! Tu comprends je n’ai pas tout ça pour rien… ». Et bien si. Et il faut t’y résoudre !!! Et après on pourra toujours dire “oui, bien sûr je le savais, mais je voulais quand même vérifier…” On appelle ça le biais de pirouette !!!

Au sein de la cellule de crise, lorsque nous avons décidé de ne pas tester, ou de tester, de confiner ou de ne pas confiner, on a un mal fou à changer. Enfin, dans notre cas c’est plus compliqué puisque toutes les décisions qui sont prises ont tellement d’étoiles et de cases dérogatoires que le biais d’engagement à un peu de mal à se manifester !!!

Bonne soirée #Happyconfin’ #Jour10

Les biais cognitifs en situation de crise

En situation de crise, il est fréquent de voir des décisions prises vite, mal et contredites ensuite par de nouveaux éléments. Pourquoi est-il si difficile de décider en situation de crise ? Sans doute parce que nous faisons face à ces trois paramètres que sont l’urgence, l’émotion et l’incertitude dont nous parlons depuis le début, et bien présents avec ce Covid19.

Mais aussi sans doute parce que sous stress notre beau cerveau humain est capable de la pire des trahisons… il est victime de biais, dits cognitifs.

Et nous admettrons sans réserve cette approche des biais, afin de nous dispenser d’une approche plus radicale, qui mettrait sur le compte de l’égo, de la mauvaise foi ou du bricolage, la gestion de la crise !!!

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Les biais cognitifs ont été mis en évidence en 1972, par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky, (oui je suis sérieuse là !!!). Ils ont démontré de manière systématique que la prise de décision ne s’appuie que partiellement sur la pensée rationnelle et le raisonnement. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite et involontaire… C’est bien connu !!!

Ils remettent alors en question la théorie du choix rationnel. Et pourtant la pratique du doute rationnel est une nécessité en situation de crise, mais nous y reviendrons !

En pratique, un biais cognitif est une routine (facilité) de raisonnement, de jugement, ou de perception, qui amène une personne ou un groupe, à prendre la mauvaise décision dans certains contextes. Il s’agit d’une erreur du traitement de l’information. Aie !!! (Note personnelle à mes amies : les biais s’appliquent aussi dans les relations amoureuses !!!)

Les biais sont relativement stables (nous faisons les mêmes erreurs régulièrement) , inconscients et présents dans de nombreux domaines comme la médecine, le management, les finances, … et la gestion des risques ! (Note bis : je vous l’ai dit… les relations amoureuses aussi !!!) Ouille, ouille, ouille !

Les biais sont nombreux et j’en ai retenu certains et classés en 3 catégories[1] : les biais liés au temps, aux acteurs et aux groupes, et à l’événement.

Le biais rétrospectif est une erreur de raisonnement consistant à estimer, a posteriori, qu’un événement était probable ou prévisible, alors qu’il ne l’était pas a priori sur la base des informations alors disponibles. Le biais rétrospectif ramène dans le passé des éléments non disponibles alors et apparus après.

Conséquence : le biais rétrospectif sera source de critiques de la part des témoins des décisions des dirigeants. Il faut donc assumer cette prise de décision et savoir expliquer en quoi une autre option n’était pas envisageable à ce moment-là.

C’est dingue quand même comme on a pu reprocher à Roselyne Bachelot son achat de millions de vaccins, alors que c’est après la commande qu’on a eu toutes les informations sur la séroconversion des personnes vaccinées et la durée de la protection !!!… et aujourd’hui on reproche à nos dirigeants de ne pas avoir anticipé. On a la mémoire courte !!! (Les filles, vous savez c’est le : “je n’aurais jamais du lui céder… en fait je le savais depuis le début… mais bon… ” Rires !!!)

 Le biais de récence consiste à traiter comme prioritaires les informations arrivées en dernier et à négliger, de ce fait, le contexte général et les premières informations.

Conséquence : ce biais a pour conséquence de voir, par exemple, la fin de la crise trop tôt. Et de négliger de nombreux paramètres émotionnels ou médiatiques : le focus étant mis sur les derniers résultats obtenus.

Le risque avec le Covid19, est de penser que la crise est gérée en Chine parce qu’il n’y a pas de cas nouveau depuis hier. Attention à ne pas faire Cocorico trop vite chez nous avec la Chloroquine… par exemple, ou d’autres bonnes nouvelles… qu’on espère tant !!! (Et pour nous les filles, c’est quand on dit à à notre meilleure amie “oui bien sût il y a un mois je t’ai dit que ça ne durerait pas, mais là tu comprends, il est tellement gentil depuis 15 jours… !!!)

Le biais de primauté au contraire consiste à accorder plus d’importance à la première information reçue au sujet d’un événement, à évaluer la situation à partir de ce premier élément et négliger ceux reçus ultérieurement. Il est aussi le résultat d’une première évaluation de la situation, qui ne peut pas être contredite ensuite. La raison ?  La peur de s’excuser, l’orgueil ? Ca se résume, souvent, en 3 lettres : EGO !!!

 Conséquence : le biais de primauté invite à se focaliser sur un premier élément déclencheur et à négliger ensuite l’évolution de la situation. Par exemple : je pense que la situation n’est pas si grave et je suis en difficulté ensuite pour en voir l’aggravation… Alors, là je pense que nous y sommes. La fameuse grippette… et du coup, on reste sur une stratégie léthargique dans la gestion de la situation et il faut des alertes à répétition des personnels soignants pour qu’on en prenne la mesure… et j’ai encore un doute quand je vois encore des guguss faire leurs initiation/découverte du jogging depuis le 17 mars 2020. (Et pour nous les filles… c’est quand on reste sur notre coup de foudre du départ… alors que franchement on compile les déceptions… on est lucide, archi lucide… mais on ne veut pas, quoi ? Perdre la face ? Tsss… )

 Voilà ma petite contribution du jour… Happyconfin

Demain vous aurez sans doute les biais liés aux acteurs

[1] Pour en savoir plus sur les biais cognitifs : « Choices, Values and Frame », de Daniel Kahneman, ou « C’est vraiment moi qui décide ? » de Dan Ariely.

PS : Messieurs… vous aussi vous pouvez être victimes de biais cognitifs… Si, si !!! Je vous assure. Rires ! #Mauvaisefoi !!! Rires

#Happyconfin’ #Sauvezdesvies #Restezchezvous

Je suis fascinée par la créativité de certains et ce soir c’est juste du rire que je partage avec vous avec cette compilation de ces 9 premiers jours ! Et je suis sûre qu’il m’en manque ! #Happyconfin’

#Sauvonsdesvies #Stayathome

 

 

 

C’est la place des virgules qui est importante !!!

Dans l’arrêté municipal de Carrières sur Seine, publié ce mardi 24 mars, nous lisons :

“Sont interdits :

  • jogging, vélo à plusieurs, y compris en couple” .

Donc à compter de ce jour le jogging est interdit… Mais c’est sans doute une bête histoire de virgule manquante ou mal placée. Sans doute fallait-il lire (ou écrire) que les “jogging et vélo, (virgule ici !) à plusieurs et en couple” étaient interdits.

Car plus bas, que tous les néo-joggeurs se rassurent (et ils sont très nombreux depuis le 17 mars… )

“sont autorisés :

  • le jogging ou marche rapide seul (ouf, j’ai cru que c’était fini de ma nouvelle addiction aux endorphines !!!)
  • la sortie à pied rapide (1 adulte + 1 enfant mineur, poussette si bébé)
  • la sortie à pied rapide seul avec animal de compagnie”

Donc avec la poussette et le toutou pensez bien à marcher fissa !!! Si vous marchez lentement, la prune !!! Si, si relisez bien… il est interdit de sortir mais autorisé de marcher rapidement !!! En fait, le sens est sans doute : sont autorisés jogging ou marche rapide, sortie à pieds courte, sortie à pieds courte seul avec un toutou”

En fait très bon exercice de sémantique pour les enfants… 🤪 Toute la différence entre rapide et courte. On peut être bref sans être rapide, et faire court en prenant son temps !!!

Vous avez … 4 semaines pour étayer votre propos.

Muriel

 

 

Aujourd’hui, travail au taquet en visio, et une bonne séance de sport… donc mon billet, tient en 4 citations…

Si Saint Cyr dit du Management que c’est : “La Capacité à discerner dans la complexité, décider dans l’incertitude,  et agir avec responsabilité”… il pourrait être Responsable Cellule de Crise quelque part dans le Paris 8ème !!! A tout le moins, consultant !!!

Mickael Phelps, le plus grand nageur de tous les temps a dit “Si tu échoues à te préparer… alors prépare toi à échouer…”. Je vais proposer un custom Covid19 ! Si tu échoues à te confiner, tu te prépares à te confiner (définitivement !!!)” Elle est pas mal celle-là !!!

Et une que j’aime beaucoup de Yves Clot : “L’urgence est souvent la compensation d’une longue inaction en préparant le retour à l’inertie”… Il est visionnaire cet homme-là quand on regarde la succession des décisions de nos gouvernants !!!

Forcément, Patrick Lagadec, lui, n’a pas été entendu lorsqu’il a écrit “L’expérience c’est ce qui est acquis après en avoir eu besoin…”. Sans rire, Canicule, Hormone, Sang Contaminé, Vache folle, Amiante… on en a de l’expérience pourtant !!! Alors qu’est ce qui bugue ?

 

 

Ce matin conf’call… 10h00, le rdv a été fixé hier. Pas d’urgence majeure, mais un point de situation entre le Japon, la Catalogne, et deux sites en France. Toutes les entités sont confinées.

On est à l’heure au rendez-vous… et les nouvelles s’échangent. La structure japonaise a fait revenir deux de ses ressortissants qui sont d’habitude en Angleterre, anticipant sans doute la fermeture des frontières.  Il reste malgré tout un ressortissant Japonais au UK, qui du fait de sa fonction n’a pas pu rejoindre la tribu.

Les cas, la situation, le confinement, le rapport au temps, ce que cela changera, car il y aura un avant et un après. On parle des JO… report, ou pas report. 2022 serait la meilleure hypothèse avec une information aux athlètes rapide pour éviter un entrainement inutile, et permettre aux entreprises qui tablent sur les rentrées financières des JO de se retourner… On parle de notre optimisme, de notre relation aussi au travail, à la santé… On parle, on rit… on se donne RDV samedi prochain, 10h00.

On… c’est nous, la famille. Père, mère, frère, sœur et leurs enfants, sauf une qui a du rester en Angleterre. C’est notre première conférence téléphone… tout première. Alors que cela fait des années que nous sommes sur 4 pays… Que nous nous voyons quelques jours par an. Alors oui, en nous obligeant à rester chez nous, ce confinement déclenche l’envie de nous parler et de prendre des nouvelles. Le besoin de s’entendre, peut-être de se rassurer (ça c’est pour Maman !!!LOL), de rire ensemble, de conjurer les barrières, la distance et le temps.

Alors pourquoi ne le faisions nous pas avant ? Manque de temps ? C’est un alibi bidon. 30 minutes c’est rien… Et si nous décidions qu’il y ait un avant… et un après. Et que dans cet « après » il y ait cette place à ce rire, à ce moment, cette complicité… comme le 15 février, quand  on a débarqué de tous les pays pour faire un anniversaire surprise à notre papa !

Rdv samedi 10h00. Pour la Conf2 !

Voilà ce soir point de billet technique… juste un papier d’ambiance de ce J4 de confinement depuis Carrières sur Seine.

« Je savais que la vague du tsunami était devant nous. » « Le 30 janvier,  j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. »La bombe !!! Pas Agnès Buzyn… mais cette confidence faite aux journalistes du Monde le 17 mars. Comment en une phrase achever de ruiner un dispositif déjà bancal !!! On voudrait le faire… on n’y arriverait pas. 

Le retour d’expérience de cette crise sanitaire sera intéressant. Mais sans l’attendre, peut être pouvons-nous déjà revenir à quelques points clés en termes de gestion de crise d’un point de vue comportemental.

Dans un dispositif de prévention, de gestion ou de communication de crise, il est souvent utile, pour les acteurs de la cellule de crise, de définir des règles de prise de décision, de communication et de comportement.

Définies collectivement, en amont, et “à froid”, alors ces règles permettent de s’y référer, en cas de besoin, “à chaud”, tant au sein de la cellule de crise qu’en externe. Là, en ce 19 mars, c’est entre chaud patate et chaud bouillant !!!

Règle de collégialité.  Toutes les décisions prises au sein de la cellule de crise sont collégiales même si elles ne font pas l’objet d’un consensus. Peut-être ne serons-nous pas d’accord et nous échangerons au sein de la cellule de crise. Mais une fois la décision prise nous serons solidaires de cette décision afin d’éviter tout effet Milgram de discrédit de la cellule de crise. Dans notre cas, la phrase de l’ex Ministre de la Santé discrédite directement le gouvernement. Aïe !!! pas bon ça !

Règle de 3. Toute décision devra être prise parmi trois options au minimum. Une décision prise sur une seule option est une contrainte. Parmi deux, elle relève de l’alternative, parmi trois la décision est un vrai choix. Il y avait deux options retenues pour les élections. Option 1 : on reporte. Option 2 : On maintient… et bien option 3 : on maintient la moitié et on reporte l’autre, s’est imposée d’elle-même. Ah, ça c’est original !!! J’espère que ce ne sera pas pareil pour les JO !!!

Règle des bénéfices / risques. Chaque option évidente devra être discutée et évaluée selon ses degrés de risques à être prise ou non prise, et bénéfices à être prise ou non prise. Toute décision devra être envisagée avec les pires des conséquences, et pas seulement les meilleurs des bénéfices. Elle sera prise en tenant compte du fait que « les pires de ses conséquences seront les mieux assumées » et ce… dans le pire des scénarios. Bon, là on est bien passé à côté  ! Une belle sous évaluation des signaux faibles…

Règle de confidentialité évidente. Toute décision sera réputée confidentielle à défaut d’être précisée comme divulgable à l’extérieur. Il est nécessaire de préciser cette règle de confidentialité à chaque prise de décision afin d’éviter toute fuite anticipée et préjudiciable à la gestion de l’événement. Avec les réseaux sociaux et les courses individuelles plus que collectives à briller… c’est pas gagné !

Règle de cohérence stratégique. Oups !!! Toutes les décisions prises seront en ligne avec la stratégie de la cellule de crise. Au moment de la prise de décision, se poser la question : en quoi est-elle cohérente avec la stratégie mise en place jusque-là ? Ou quelle peut être la perception par les publics de telle décision… Là aussi on a un peu de travail d’alignement dans la gestion de la crise Covid19 : Non au marathon de Paris parce que les coureurs crachent, mais oui aux élections. Oui au confinement stricte… mais avec autorisation de jogging… Oui à la balade, mais pas sur la plage… enfin là c’est un peu le cirque quand même, il faut bien reconnaître !!!

Devoir de challenge. Si une décision s’avère inexploitable, injuste, incohérente… il est du devoir de chacun de challenger cette décision avant son application. Si elle a été appliquée, il appartient à la cellule de crise de décider ou non de poursuivre sa stratégie et tenant compte de ce nouveau paramètre de l’inadaptation. Bon, Madame Buzyn… dire après « je le savais…et j’ai prévenu ! » c’est pas sympa pour vos camarades de jeu ! Bon, ils ne le sont plus, remarquez bien, maintenant.

Règle de régulation.  Les désaccords potentiels entre les membres de la cellule de crise ne sont pas exprimés à l’extérieur de cette dernière. Ils font l’objet d’une régulation en interne. Tsss… depuis le 17 mars, entre le Président du Conseil Scientifique qui dit que le confinement durera plus longtemps, Mme Buzyn qui fait des siennes, et bien… on n’est pas sorti de l’auberge !!! Sachant que c’est juste pour faire référence aux événements en cours. Les exemples ne manquent pas.

Règle de soutien.  Lorsqu’un porte-parole est identifié sur un sujet, il est accompagné lors de la préparation des éléments de langage, lors de ses prises de parole, et lors du débriefing. La préparation des éléments de langage… Tsss. Là aussi, on a du travail. Parler 10 minutes de confinement sans en parler. Appelons un chat un chat… et non un félin domestique ! N’est-ce pas Jimmy Canidé ??? Mais ils sont où les conseils en communication ?

En tout état de cause, cette période est passionnante et les grands parents ne pourront plus nous dire “toi, tu te tais, tu n’as pas connu la guerre !” Rires.

Muriel

 

 

 

 

“Prévoyez le pire, et vous ne serez pas déçus” dit-on en situation de crise. Il semble que cette belle maxime n’ait pas été intégrée par nos décideurs et gouvernants pour la gestion de la crise Covid19.

Lorsqu’une situation se dégrade et qu’elle commence à avoir 3 paramètres que sont :

  • L’urgence de la prise de décision
  • L’incertitude du lendemain : évolution, ampleur…
  • et L’émotion des populations due une perception de risque, nous pouvons sans trop de doute la labelliser CRISE.

Si vous voulez enlevez le doute, vous ajoutez :

  • La nature sanitaire, de l’événement
  • L’ampleur exceptionnelle de celui ci, et normalement, serait bien stupide celui qui dirait “nous maîtrisons la situation”.

Alors oui, nous sommes dans une situation de crise, depuis décembre. Mais les quelques-uns qui le disaient étaient accusés de provoquer le mal, être pessimistes, psychotiques… et autres.

“C’est une simple grippe. Fin du débat.”

Alors quand il s’agit de :

  • maintenir une fête de club
  • maintenir des vacances à Majorque
  • maintenir des voyages scolaires
  • maintenir des déplacements professionnels
  • maintenir des élections, comment se prend la décision ?

La règle est simple : on fait le choix de la solution, dont les pires conséquences sont les mieux assuméesdans le pire des scénarios. C’est cela être responsable.

Il y a deux scénarios : pour une raison X, en France, l’épidémie se calme. Ou, si la situation se déroule comme en Chine, elle prend de l’ampleur et le nombre de malades explose.

  • Maintenir la fête du club de triathlon, dans le pire des scénarios ou il y a des centaines de malades en région parisienne, on fait la fête avec 120 personnes dans un espace fermé ? Sérieux !
  • Stage de nage à Majorque, il y a des cas en Espagne et dans le Monde, dans le pire des scénarios, on emmène 10 personnes…, au risque de ne pas pouvoir rentrer, d’être malade sur place et en mettant des gens qui ne se connaissent pas à 2 par chambre !!! Sérieux !
  • Maintenir les déplacements professionnels, salles de réunions serrées, openspace… on maintient ou on demande aux collaborateurs de réduire les réunions, de travailler à distance ? Sérieux !
  • Maintenir les élections ou pas… Dans le pire des scénarios, explosion de cas… on maintient, avec des assesseurs face au public dans des espaces fermés toute la journée ou on  reporte ? Sérieux !

“L’expérience c’est ce qu’on a acquis après en avoir eu besoin.” P.Lagadec.

Normalement, en France du moins, avec l’hormone de croissance, le sang contaminé, la canicule de 2003, l’amiante, on devrait avoir de l’expérience. Alors comment se fait-il que nous prenions toujours ces mêmes décisions idiotes ? Même Dan Ariely y perd son latin !!!

Alors oui, j’ai envisagé, de filer au Cap Ferret pour vivre ce confinement… Mais en discutant, j’ai changé d’avis et je suis restée. Pourquoi ? Parce que dans le pire des scénarios :

  • je serai loin des miens s’ils tombent malades
  • je pourrais aussi bien être porteuse de la maladie et participer à sa dissémination sur la presqu’île (et le premier hôpital est à 25 km !)

Alors je reste ou je pars ? Sérieux !

 

 

Hier, j’ai failli criser quand une de mes amies a commencé à trouver le confinement long, et elle disait que ses élèves lui manquaient… Certes elle a raison.

  • Oui, c’est pénible…
  • Oui, ça va être long…
  • Oui, ça va sans doute durer plus que 15 jours…
  • Oui, oui, oui tout cela est vrai !

Mais, il y a des mais…

  • Mais on est utile en le faisant. Sauver des vies en restant chez soi, ça le fait, non ?
  • Mais on a la chance de pouvoir le faire. Oui on a la chance de pouvoir se confiner.

Il y a ceux qui doivent soigner jour et nuit sans justement pouvoir se confiner… ne serait ce qu’une journée avec leur famille.

Il y a ceux qui dorment dehors qui n’ont pas d’endroit où se confiner, il y a ceux qui n’auront plus de piécettes parce que nous sommes confinés, il y a ceux qui n’ayant pas de piécettes ne pourront pas acheter le basique sandwich, il y a ceux qui sont en train de mourir de ce Covid19 parce qu’on n’a sans doute pas été confinés assez tôt (ce sera l’objet d’un papier technique sur la gestion des crises).

Et il y a tous ceux qui sont confinés pour une fin de vie, qui n’avaient déjà pas beaucoup de visite, qui n’en n’auront plus du tout.

Et j’ose… oui j’ose, allez… il y a tous les animaux confinés à vie dans des parcs, cages, zoos… ils ne sont ni malades, ni méchants… juste punis par notre bêtise.

Alors oui, ça va être un peu long… oui ça va changer notre monde et notre vie… Mais ne commençons pas à râler en j2. Et transformons cette expérience… comme un essai de rugby !!! Rendons-nous utiles !

Et pour Jim et moi, c’est l’heure de la balade. Parce que j’ai la chance d’être confinée dans une jolie commune…

Plein de pensées à tous.

#Happyconfin’ #jour2 #Confinneutile