Il me fallait au moins l’annulation du NYCM, pour ouvrir ce blog. En effet, multi-marathonienne et supportrice inconditionnelle de l’effort à fournir pour terminer l’épreuve reine de l’athlé, j’étais partagée entre l’envie de les voir courir dimanche et le dégout de les voir courir au milieu des décombres.

Il aura fallu une énorme polémique pour que finalement le Maire de la Pomme jette  l’éponge et abandonne la ligne bleue.

Pourquoi la polémique ? Un raisonnement binaire.

Dès le passage de Sandy, la question s’est posée de façon binaire : courir ou annuler le marathon. Dès lors qu’une alternative et une seule se pose en situation de crise, la recherche d’autres options devient impossible. Sont regardés alors les avantages à annuler et ceux à courir, les inconvénients à annuler et ceux à courir. L’argent arrive alors en pôle position des contraintes…

Gestion de crises et évaluation des options : toujours au moins trois choix.

En gestion de crise, nous recommandons de toujours chercher un troisième choix. Celui qui a été envisagé n’en n’était pas un : il consistait en un parcours alternatif au parcours initial. Il n’intégrait toujours pas les paramètres suivants: la perception des victimes pour l’événement, l’afflux dans un NY dévasté de 20 000 coureurs (sans compter les accompagnateurs) non new yorkais, américains ou étrangers, la mobilisation des forces de secours, police, les rues barrées  pour la course, les ravito…  Il n’y avait pas de troisième choix.

Une troisième option systémique : intégrer les nouveaux paramètres de la situation dans le parcours du marathon

Ok, on veut courir le marathon… on va garder l’appellation mais le réduire et transformer une course légendaire, élitiste en cours mondiale humanitaire avec quelques idées basiques…

  • Transformer la halle de remise des dossards en halle d’accueil de victimes
  • Accueillir les victimes çà la pasta party du samedi soir
  • Demander à chaque coureurs inscrit 10 euros de participation à la reconstruction
  • Demander à chaque coureur de donner un vieux sweat, une vieille paire de shoes,des chaussettes, des gants, stocker ces éléments et les dustribuer aux victimes
  • Transformer la Course de l’ONU du samedi matin en grande marche pour les new yorkais et que tous les drapeaux des délégations flottent pour eux
  • Partager le petit dej de Central Park le samedi en opération pour les jeunes et les enfants
  • Mobiliser les vestiaires et tentes de la ligne d’arrivée en camp d’accueil
  • Utiliser les groupes électrogènes de l’arrivée pour chauffer les tentes…

Et Dimanche,en lieu et place du marathon faire une course de 10 Miles dans la partie de la ville non dévastée…

Cela supposait d’avoir une vision systémique de la course, et d’y intégrer les nouveaux paramètres. Pas facile en situation de crise. Et très facile trois jours après la polémique, depuis Paris.

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