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Transfert de la crise du NYCM et mélange d’émotions

Alors bien sûr il y a maintenant un transfert de la crise du marathon. Normal. De quoi s’agit ils ? Durant les jours de la témpète et jusqu’à la décision d’annuler d’hier, la crise était entre les mains du Maire. Annuler ou pas ? Les tours opérateurs français et autres, qui ont vendu près de 1500 à 2500 euros les 5 jours avec le dossard attendaient la décision et tentaient tout ce qu’ils pouvaient pour rester en contact avec leurs clients et les informer…

Ok on embarque, le marathon aura lieu. Atterrisage à NY et là : changement de plan ! Entre temps, course annulée. Alors on a dépensé 2000 euros, nous sommes sur place, nous occupons les hôtels, nous dépensons des sommes folles pour manger… et pour le TO… no responsability ! Il a fait son boulot, lui !!! Il a informé, il a suivi la décision… il a transporté ! Et maintenant les clients râlent car la prestation à 270 euros qui est la course n’aura pas lieu ! Une colère bien légitime retournée donc contre le TO, faute de pouvoir l’exprimer au Maire… Mais le TO lui n’y est pas pour grand chose ! Il est aussi du côté des victimes… de la mauvaise gestion du Maire.

Au fait… y avait il des coureurs qui dans leur empathie pour les victimes avaient décidé de ne pas y aller ? Avaient annuler de leur côté ? J’aimerais le croire. Mais ce que je pense de notre nature humaine ne va pas dans ce sens. En effet, si le coureur annule il perd tout son argent… sauf à trouver un médecin complaisant pour un certificat médical (de tempête) et avoir pris l’assurance annulation de dernière minute.

Alors oui, chers coureurs, votre colère est légitime et en même temps elle m’écœure car elle montre votre égoïsme et votre capacité à courir dans un monde dévasté en dépensant des sommes considérables pour un marathon survendu.  Bonne chance et bon courage aux TO dans cette galère et encore une fois merci Monsieur le Maire.

http://www.sudouest.fr/2012/11/03/colere-et-soulagement-apres-l-annulation-tardive-du-marathon-de-new-york-869559-4754.php

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Le sport à l’école… de l’humiliation

B20

Perso, j’ai un excellent souvenir de Mme Guigou… ma prof de sport de première et terminale. J’étais dans une école privée et c’est vrai pas la moins douée. Mais c’est surtout la rencontre avec cette femme dans les années 1980, qui m’a fait aimer l’effort, la transpiration, le challenge. Elle m’a aussi appris le respect des règles de jeu et des adversaires. Elle m’a poussée et parfois m’a fait pleurer… mais grâce à elle j’ai eu mon bac : il me fallait les points de gym, sinon c’était rattrapage !!!

Qui elle était ? Une femme, un peu forte, pas sexy, rouquine, pas très grande. Un grand sourire et une poigne incroyable quand elle nous faisait les « parades » en gym. Elle avait sa manière et c’est vrai qu’elle était peut être élitiste…
En première nous sommes 6 ou 7 filles à sortir du lot et elle nous emmène dans des compets inter-lycées le WE. Elle ne devait pas être payée en heures sups… elle le faisait car elle voyait que nous gagnions et que nous étions heureuses de ces réussites !

En entrant en terminale, nous récupérons une autre prof… Grosse déception ! Mais grande idée. Nous sommes les 6 à être d’accord pour préparer le bac gym du mieux possible… nous allons voir Mme Guigou (C’est comme cela que nous l’appelions… euh, dans les coulisses on disait « Guigou »!) : « vous seriez ok pour nous aider à préparer notre bac gym en plus des cours normaux avec notre autre prof… nous on veut faire de la gym et de l’athlé avec vous… ? »

Sa réponse : « Ok les filles, ça marche pour moi. Mais il y a un deal : je m’occupe de la salle, on travaille ensemble tous les mardis midis. Vous irez vous échauffer au gymnase et vous y trouverez sur le tableau les exercices à faire pendant que je déjeune vite fait… si vous n’êtes pas échauffées quand j’arrive, pas de cours ! Et vous rangerez la salle à chaque fois à la fin ? C’est d’accord ?  »

En quelques mois, notre niveau décolle. Et bien sur cela se voit « dans le cours officiel »… il y a les 6 et les autres. Alors en mars, elles veulent nous rejoindre. Nous sommes hésitantes… Pour être claire, cela nous « gave grave » de voir se radiner les copines qui n’ont rien fait depuis septembre alors que nous sommes à 2 mois du bac. Mais Guigou est fairplay. « Ok, vous venez, mais vous prenez le cours en route… à vous de récupérer! » Ouah, elles ont tenu quelques cours et ont laissé tomber, parce que s’échauffer seules, préparer le matériel, ranger le matériel, vite fait avaler un sandwich dans les escaliers… c’était pas leur truc.

Alors, oui le sport c’est l’école de la vie… et la compétition en fait partie.

Mais tous les élèves n’ont pas la même appétence pour l’effort, le challenge,la compet, ni le même talent… alors quand trouverons nous des jeux sportifs, de la corde à sauter, des jeux d’adresse et surtout quand donnerons nous aux profs de sports l’approche psychologique nécessaire pour faciliter l’envie et la motivation…
Avec un peu de liberté et de capacité d’innovation… ca doit être possible. Encore faut il que le sport soit soutenu par l’hygiène corporelle, donc le possible recours à la pudeur et à l’intimité… soutenu aussi par l’hygiène alimentaire… Bref, encore une fois seule une approche holistique du corps et systémique du sport peut nous permettre de faire face à cette humiliation décrite dans le papier ci dessous.

http://www.rue89.com/rue89-sport/2012/11/03/pourquoi-le-sport-lecole-est-souvent-vecu-dans-lhumiliation-236663

Le Marathon de New-York (enfin) annulé

Il me fallait au moins l’annulation du NYCM, pour ouvrir ce blog. En effet, multi-marathonienne et supportrice inconditionnelle de l’effort à fournir pour terminer l’épreuve reine de l’athlé, j’étais partagée entre l’envie de les voir courir dimanche et le dégout de les voir courir au milieu des décombres.

Il aura fallu une énorme polémique pour que finalement le Maire de la Pomme jette  l’éponge et abandonne la ligne bleue.

Pourquoi la polémique ? Un raisonnement binaire.

Dès le passage de Sandy, la question s’est posée de façon binaire : courir ou annuler le marathon. Dès lors qu’une alternative et une seule se pose en situation de crise, la recherche d’autres options devient impossible. Sont regardés alors les avantages à annuler et ceux à courir, les inconvénients à annuler et ceux à courir. L’argent arrive alors en pôle position des contraintes…

Gestion de crises et évaluation des options : toujours au moins trois choix.

En gestion de crise, nous recommandons de toujours chercher un troisième choix. Celui qui a été envisagé n’en n’était pas un : il consistait en un parcours alternatif au parcours initial. Il n’intégrait toujours pas les paramètres suivants: la perception des victimes pour l’événement, l’afflux dans un NY dévasté de 20 000 coureurs (sans compter les accompagnateurs) non new yorkais, américains ou étrangers, la mobilisation des forces de secours, police, les rues barrées  pour la course, les ravito…  Il n’y avait pas de troisième choix.

Une troisième option systémique : intégrer les nouveaux paramètres de la situation dans le parcours du marathon

Ok, on veut courir le marathon… on va garder l’appellation mais le réduire et transformer une course légendaire, élitiste en cours mondiale humanitaire avec quelques idées basiques…

  • Transformer la halle de remise des dossards en halle d’accueil de victimes
  • Accueillir les victimes çà la pasta party du samedi soir
  • Demander à chaque coureurs inscrit 10 euros de participation à la reconstruction
  • Demander à chaque coureur de donner un vieux sweat, une vieille paire de shoes,des chaussettes, des gants, stocker ces éléments et les dustribuer aux victimes
  • Transformer la Course de l’ONU du samedi matin en grande marche pour les new yorkais et que tous les drapeaux des délégations flottent pour eux
  • Partager le petit dej de Central Park le samedi en opération pour les jeunes et les enfants
  • Mobiliser les vestiaires et tentes de la ligne d’arrivée en camp d’accueil
  • Utiliser les groupes électrogènes de l’arrivée pour chauffer les tentes…

Et Dimanche,en lieu et place du marathon faire une course de 10 Miles dans la partie de la ville non dévastée…

Cela supposait d’avoir une vision systémique de la course, et d’y intégrer les nouveaux paramètres. Pas facile en situation de crise. Et très facile trois jours après la polémique, depuis Paris.